De la Havane au référendum du 2 Octobre, un espoir pour la Colombie

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pluton-fbLa Colombie est, avec la Birmanie, le pays qui a connu la guerre civile la plus longue du monde, soit plus de 65 ans de conflit armé presque sans interruption. Elle a été le théâtre des violences les plus extrêmes et brutales dans l’histoire de l’Amérique latine. Un conflit qui a coûté la vie à près 260.000 femmes, hommes et enfants, et a provoqué le déplacement de près de sept millions de personnes. Sans compter les 45000 disparus.

Un pacte historique signé courant Août à La Havane sous l’égide de Cuba et la Norvège (4 ans de pourparlers) ouvre un nouveau chemin plein d’espérance.

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Un peu d’histoire

 

La guerre civile colombienne est une guerre ancienne et meurtrière née du blocage du jeu politique et de l’exclusion de pans entiers de la population qui ont conduit très tôt à leur radicalisation. Des négociations, souvent avortées, ont entamé le capital de confiance entre les belligérants. La logique de la vengeance qui s’en est suivie, a introduit le cercle vicieux de la vendetta, qui se nourrit d’elle-même. De plus il a été très difficile de convaincre de la nécessité de la paix à des individus qui profitent d’une manière ou d’une autre du conflit. Ainsi, il existe une logique propre aux groupes de combattants qui ont vécu longtemps dans la clandestinité et se contentent des profits tirés du narcotrafic et de leur pouvoir sur ces régions. Enfin, les logiques régionales ont participé aussi à la perpétuation du conflit, notamment l’intervention des États-Unis d’abord dans le cadre de la lutte anti-communiste puis dans celui de la lutte anti-drogue. Toutes ces logiques imbriquées expliquent pourquoi la Colombie n’a pas trouvé le chemin de la paix, soixante ans après la mort de Gaitán.

 

Le Bogotazo

 

el-condorFigure charismatique et grand orateur, Gaïtan est le premier homme politique colombien à investir les revendications sociales et à afficher sa proximité avec les classes populaires et moyennes. Son ascension inquiète au sein même de son parti. Les élites libérales que Gaitán qualifie de « bureaucrates » s’associent avec les élites conservatrices et organisent son assassinat. Gaitán mort, le peuple de Bogotá se soulève dans ce que l’histoire colombienne se souvient sous le nom deBogotazo, le « coup de Bogotá». Coup d’État avorté pour les uns, révolution populaire étouffée pour les autres, le 9 avril 1948 marque le début de plusieurs cycles de violence qui se sont enchaînés jusqu’à aujourd’hui. « El condor », film monument du cinéma colombien nous donne une idée de cette violence.

 

L’accord de la Havane

 

L’accord de paix signé après 4 ans de pourparlers à la Havane sous l’égide de Cuba et de la Norvège n’est pas un aboutissement, C’est un nouveau départ. Pour entrer en vigueur, il devra passer par un référendum fixé au 2 octobre par le président Juan Manuel SANTOS (élu en 2010 et réélu en 2014). Du côté du mouvement guérillero d’inspiration marxiste, les FARC feront passer le résultat des pourparlers de paix par la Conférence Nationale pour acter leur transformation de guérilla en mouvement politique.

 

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Pour 47 millions de Colombiens, l’annonce d’une paix constitue un soulagement et soulève l’espoir pour toute une génération qui n’a connu que la guerre. Cependant, le chemin risque d’être encore long. A l’annonce de la conclusion de l’accord de paix, l’ex-président ALVARO URIBE a accusé l’accord de permettre la mise en place d’un état «castro-chaviste» et de laisser des criminels bénéficier d’amnistie. Il s’est lancé, dès à présent, dans une campagne en faveur du « non » lors du référendum du 2 octobre. Une opposition de poids pour le président Santos car Uribe avec le Centro Democraticoa réussi aux dernières élections à se positionner comme second parti au Congrès.

 

Au-delà d’un accord politique, l’un des points essentiels pour assurer une paix durable sera la capacité des autorités à rendre véritablement justice aux millions de victimes de disparitions forcées, d’homicides, de violence sexuelle, de déplacement forcé et de torture. En attendant une première marche est franchie.

 

 

Jean-Jacques Seymour

Jean-Jacques SEYMOUR est journaliste , écrivain animateur radios et télévisions. Il vient de publier Haiti: La diplomatie des fondateurs. Retrouvez Jean-Jacques Seymour du lundi au vendredi de 12H à 12H 30 sur 92.6et le soir de 21 à 22H dans Laisse Parler les GensCe que je Crois sur OM5TV tous les jours.  Le grand Oral  sur OM5 TV    Le Dimanche soir 20 H et en rediffusion.

Ouvrage de référence : Une obsession nommée Hugo Éditions Menaibuc

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Secrétaire de rédaction Fatima Chbibane

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