Ousmane Sow, l’immortel sculpteur du monde

 

12193646_422714154586486_1253509034728009166_nDe Dakar à Paris, Ousmane fera sa  propre course selon ses propres règles, quittant le sable  pour la neige avec, comme seul moteur, sa motivation acharnée que rien ne pourra lui ôter. La matière le fascine depuis son enfance et il devient un sculpteur en herbe. Il se moque des écoles ou l’on apprend les beaux arts. Il croit déjà  dans ce qu’il fait. Il invente et guide ses mains par-dessus les formes.

 

Il est révélé en 1987 au Centre Culturel Français de Dakar, où il présente sa première série sur les lutteurs Nouba. L’artiste libre penseur s’exprime sur sa création : « Je dis les choses comme elles doivent être dites… Je fais comme tous les artistes que j’aime : Rodin, Giacometti ou Maillol ; ce qui m’intéresse, ce n’est pas la bataille, c’est l’opposition, le corps à corps, qu’il soit réel ou mental… Il n’y a aucune logique dans mon œuvre, seule ma sensibilité me guide. »

 

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L’artiste expose six ans plus tard, en 1993, à la Dokumenta de Cassel, en Allemagne. Puis, en 1995, au Palazzo Grassi, à l’occasion du centenaire de la Biennale de Venise.

Ousmane accouche de ses modèles. Comme une femme qui ne sait pas encore à qui ou à quoi ressemblera son nouveau-né, il a tout dans la tête. L’alchimie de son vécu prend forme dans cette matière qu’il invente et qu’il travaille : un savant mélange de colle, de lambeaux de toiles de jute et d’apports divers. Il l’applique sur une ossature faite de fer, de paille, laissant à la nature et au matériau sa part de liberté. Le résultat est plus que vivant. L’homme ne peut être que fier et heureux en toute modestie.

Le 11 décembre 2013, il est le premier artiste noir à entrer à l’Académie des Beaux-Arts, au fauteuil de , Andrew Wyeth, le second sous la Coupole depuis l’entrée de Léopold Sédar Senghor à l’Académie française.  Il reçoit de nombres distinctions supplémentaires telles que celles de Commandeur de la Légion d’honneur, Commandeur des Arts et des Lettres, Commandeur de l’ordre national du Lion du Sénégal et Prix du Prince Claus.

 

Quelques œuvres

 

Toussaint Louverture et la vieille esclave, collections du musée du Quai Branly.

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Besançon, parc des Glacis, L’Homme et l’Enfant. Cet homme et cet enfant dont on perçoit seulement la forme sous le manteau et les pieds.

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Victor Hugo avant et après son exposition à l’Esplanade des Droits de l’Homme, à Besançon, Cette pièce rejoindra la création d’une série en hommage aux grands hommes qui marquèrent sa vie. C’est ainsi, que dans le sillage de la statue de Victor Hugo, sont nées, à Dakar, les effigies du général de Gaulle, de Nelson Mandela, et de son propre père, Moctar Sow.

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OUSMANE SOW  1935-2016

portraitSa vie autant que son œuvre sont profondément ancrées dans son pays. Il n’imagine pas sculpter ailleurs qu’au Sénégal. Et, alors qu’il vécut une vingtaine d’années en France, plus rien ni personne ne put lui faire quitter sa terre africaine.

Sa dernière création avant sa mort, en 2016, est une sculpture intitulée Le Paysan, de cinq mètres de haut, commandée par la Présidence de la République du Sénégal et l’Agence de la Francophonie. Cette sculpture en bronze  devrait être installée devant le centre international de conférence Adbou Diouf, à Diamnadio, pas très loin de Dakar.

Ousmane Sow, qu’on surnomme « l’Auguste Rodin du Sénégal », mérite à son tour d’être dignement honoré par une sculpture teinte d’une originalité exemplaire. Mais qui succédera au grand maître dans cet art et cet exercice exquis et brut, délicats à la fois et humainement sensibles ? Un homme qui doit aussi savoir dompter l’esprit, la matière, et figer la vie avec toutes ses scènes et son histoire dans un art contemporain.

Ousmane Sow (1935-2016), sculpteur sénégalais, entouré de son oeuvre "La bataille de Little Bighorn", dans son atelier. Dakar (Sénégal), 1998.
Ousmane Sow (1935-2016), sculpteur sénégalais, entouré de son oeuvre « La bataille de Little Bighorn », dans son atelier. Dakar (Sénégal), 1998.

 

 

 

Rédacteur: Cocks Georges

Secrétariat rédaction: Colette Fournier

Crédits Photos : Photographies de Ousmane Sow prises par Béatrice Soulé

Copyright Pluton-Magazine/2016

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