« Bòdlanmou pa lwen »: l’amour en créole, une pièce de Franck Salin

 

« Bòdlanmou pa lwen » est une pièce mise en scène par Franck Salin dit Frankito, à partir du 7 avril à l’Auguste Théâtre, à Paris. Elle a été récompensée au concours d’écriture théâtrale Textes en Paroles et Etc Caraïbe et fut, en 2007, le premier texte en langue créole présenté à la Comédie-Française.

Franck Salin  a accepté de répondre aux questions de Pluton-Magazine.

 

Comment est venue l’idée d’écrire cette pièce?

 

Comme n’importe quel être humain sur cette planète, je réfléchis et m’interroge sur le couple. La relation homme-femme est un sujet inépuisable pour les artistes et l’auteur que je suis. Cependant, l’idée d’écrire cette pièce est née dans un contexte particulier : en mai 2001, j’ai participé au « Chemin de fer », une série de sept rencontres organisées par la psychologue Viviane Romana avec l’association CM98, sur le thème de la famille antillaise. Quel type de couple, quel type de famille est né dans les sociétés forgées dans l’esclavage ? Pourquoi est-ce si difficile pour les descendants d’esclaves de former des unions stables ? Des centaines de personnes ont participé à ces réunions et se sont livrées. Bien sûr, les femmes ont stigmatisé l’infidélité des hommes et leur trop fréquente incapacité à assumer leurs rôles de mari et de père. Mais, au fil des rencontres, les débats se sont complexifiés. Ces échanges passionnants m’ont donné envie d’écrire une pièce sur le sujet. La langue créole s’est imposée à moi, et j’ai respecté ma première inspiration. Une fois le texte achevé, je l’ai soumis à « Textes en paroles » et « ETC Caraïbe », des concours d’écriture théâtrale qui l’ont distingué en 2005 et lui ont permis de circuler dans plusieurs théâtres où il a été lu et « mis en espace ». Mais jamais il n’avait été mis en scène intégralement. C’est maintenant chose faite.

 

 Parlez- nous un peu de la distribution ?

 

C’est la Compagnie du Grand Carbet qui produit cette création. L’équipe qui m’accompagne dans cette aventure est formidable ! Christian Julien, qui joue le rôle de l’homme (Jéra), connaît bien le texte. Il l’avait lu au Théâtre Sorano, à Toulouse, et à la Comédie Française, à Paris, en 2007. C’est un comédien subtil et puissant. Pendant des années, il m’a encouragé à mettre en scène « Bòdlanmou pa lwen » qu’il avait adoré. Il a eu raison d’insister ! Irène Bicep, (alias Laïko), qui joue le rôle de la femme (Léna) est une comédienne sensible et intuitive. Et le comédien et maître-conteur, Igo Drané, joue le rôle de Linlin, un ami de Jéra. D’autre part, j’ai voulu intégrer au texte de la musique  et de la danse afin de magnifier la passion. J’ai fait appel au chorégraphe Max Diakok et aux musiciens Franck Nicolas et Jony Lerond pour les composer. Et je dois dire qu’ils se sont surpassés ! Cette belle création avait besoin aussi d’un écrin. Maud Bandou Hostache (alias Soylé) s’est chargée de la scénographie, Jean-Pierre Nepost, de la création lumière, et le réalisateur Wally Fall, de la création vidéo.

 

 Quelle est la place du théâtre antillais en France ?

 

Le théâtre antillais est très peu visible en France hexagonale, mais il a du mal à exister en Guadeloupe et en Martinique aussi. Il faudrait que davantage de créations trouvent des lieux et surtout les moyens de voir le jour, que dans l’Hexagone des voix différentes puissent se faire entendre et qu’aux Antilles, la politique de soutien aux arts vivants se renforce. Mais les auteurs ont aussi leur part de responsabilité dans le développement de ce théâtre. Il faudrait créer plus d’œuvres originales pour alimenter les compagnies qui veulent faire vivre le théâtre antillais et la culture qu’il véhicule.

 

 

Y a-t-il un message que vous voulez faire passer à travers cette pièce ?

 

Message… C’est un bien grand mot ! Si message il y a, c’est qu’il faudrait apprendre à s’écouter pour se comprendre et, peut-être, réussir, en dépit de nos différences et de nos défauts, à construire ensemble.

 

On dit souvent que le théâtre antillais est tourné vers le burlesque. Qu’en pensez-vous ?

 

La majorité des pièces qui voient le jour et rencontrent un public sont comiques, effectivement. Le théâtre comique est la tradition théâtrale la plus développée aux Antilles. Et beaucoup de personnes, quand elles sortent de chez elles pour aller au théâtre, veulent se détendre et rigoler. Ce que je comprends parfaitement. Cependant, le théâtre peut offrir une palette de sentiments et d’émotions beaucoup plus large. Je crois qu’il y a de la place pour plusieurs formes théâtrales et donner le choix aux spectateurs. Mais au final, c’est le public qui tranche.

 

La pièce est jouée à Paris, avez-vous l’intention de vous produire ailleurs et dans quelles villes?

 

Pour l’heure, la pièce a été programmée par « Tropiques-Atrium », la scène nationale de la Martinique, les 2 et 4 juin. Plusieurs propositions viennent de nous parvenir de la Guadeloupe. Nous espérons qu’elles se concrétiseront. Nous nous produirons partout où le spectacle sera demandé.

 

 

Propos recueillis par Dominique LANCASTRE

Secrétariat de rédaction Colette FOURNIER

Crédit photos DORLIS

Adresse et Réservations:

 A l’affiche à l’Auguste Théâtre , les 7, 8, 9 15 et 16 avril (à 20h30 les vendredis et les samedis et à 16h30 les dimanches).

Bòdlanmou pa lwen, les 7, 8, 9, 15 et 16 avril à L’Auguste Théâtre (6 impasse Lamier, 75011 Paris. (Métro : Philippe Auguste – ligne 2).
Réservations :
Tel : 0143672047 – Email : – augustetheatre@gmail.com – Site: http://augustetheatre.com/b-ograve-dlanmou-pa-lwen

 

Résumé: Sur scène, Gérard et Léna, un homme et une femme qui s’observent, se désirent, se rapprochent et s’aiment éperdument, jusqu’à ce que la flamme de leur passion vacille… « Bòdlanmou pa lwen » (Bientôt, l’amour…) est un long poème à deux voix, l’histoire d’un amour volcanique, qui mêle les mots, la musique et la danse. C’est un regard sur le couple, sur la difficulté de dialoguer et construire ensemble. Un thème universel, ancré dans une culture et une langue créoles flamboyantes!

 

Bòdlanmou pa lwen, les 7, 8, 9, 15 et 16 avril à L'Auguste Théâtre (6 impasse Lamier, 75011 Paris. (Métro : Philippe Auguste – ligne 2).Réservations : Tel : 0143672047 – Email : – augustetheatre@gmail.com – Site: http://augustetheatre.com/b-ograve-dlanmou-pa-lwen

Publié par Franck Salin sur mardi 4 avril 2017

 

 

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