Ad Verbatim (3) : Omnibus ora certa est et tempus suum cuilibet caepto sub caelis

 

Suzanne Dracius. Copyright Pluton-Magazine.

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Par Suzanne DRACIUS

Septième ciel

Une expression pas latine mais d’origine antique :

« Être au septième ciel », qui signifie « être ravi ».

Dans l’Antiquité, on pensait que la Terre était le centre du monde. Les astres et les dieux avaient été imaginés dans des sphères de cristal, chaque sphère représentant un ciel. Il y avait alors un ciel pour chaque planète, soit sept ciel au total. Le dernier, le septième ciel, était celui des étoiles, mais derrière lui se cachait celui des dieux. On disait, à l’époque, lorsque l’on avait du plaisir à quelque chose, que l’on était « ravi au ciel ». Le troisième ciel était celui de Vénus, déesse de l’amour, ce qui explique que l’on disait aussi « être au troisième ciel ». Cependant, après que les théories de Galilée eurent été démontrées, on garda l’expression « être au septième ciel » pour conserver une référence aux dieux dans l’organisation des astres.

Mais, revenons à nos expressions latines…

 

Omnibus ora certa est et tempus suum cuilibet caepto sub caelis

 

Cette phrase de l’Ecclésiaste (III,1), « Omnibus ora certa est et tempus suum cuilibet caepto sub caelis » signifie mot à mot « Il y a pour tout un moment fixé et chaque entreprise a son temps marqué sous les cieux », c’est-à-dire : il faut attendre en toute chose avant de vouloir recueillir des résultats.

C’est une maxime à l’adresse des personnes qui manquent de fermeté dans leurs résolutions et compromettent le succès des meilleures affaires par l’avidité ou par l’impatience.

Dans le même ordre d’idées, Rabelais, dans son Pantagruel (IV, 48), s’est servi de cette expression devenue proverbiale : « Tout vient à point à qui peult attendre. » (« peult » : graphie ancienne de « peut »).

Au XVIIe siècle, voici ce que dit Bossuet à ce sujet : « La science des occasions et des temps est la principale partie des affaires. Précipiter ses affaires, c’est le propre de la faiblesse qui est contrainte de s’empresser dans l’exécution de ses desseins, parce qu’elle dépend des occasions. »

Quant à La Fontaine, il dit avec raison dans sa fable « Le Lion et le Rat » :

« Patience et longueur de temps

Font plus que force ni que rage. »

Avec le temps et la patience, on vient à bout de tout.

 

 

Formula translator

 

Le latin, on le retrouve partout, y compris et surtout en informatique. Si tu veux être ultramoderne, tu as intérêt à maîtriser l’antique !

Fortran (FORmula TRANslator) est un langage de programmation utilisé principalement pour le calcul scientifique. Inventé en 1954, c’est le plus ancien langage de programmation de haut niveau, suivi notamment par Lisp (1958), Algol (1958) et COBOL (1959). Le nombre de bibliothèques scientifiques écrites en Fortran et les efforts continus consacrés aux compilateurs pour exploiter au fil des décennies les nouvelles possibilités des calculateurs (vectorisation, coprocesseurs, parallélisme) ont maintenu l’usage de ce langage, non sans d’importantes évolutions.

 

Urbi et orbi

 

Certes, nous parlons de transports urbains, d’urbanité, d’urbanisme.

Mais, pour traduire « urbs », le français a opté pour le mot « ville » qui provient de « villa », signifiant, à l’origine, « ferme », « maison de campagne », puis « village », pour devenir ensuite « une agglomération urbaine formée autour d’une ancienne cité, sur le terrain d’anciens domaines ruraux », proche en cela de « vicus », qui désigne « un pâté de maisons, un quartier dans une ville, un bourg, un hameau ».

 

Ad Verbatim/Dracius/2017

Rédactrice Suzanne Dracius

(Écrivaine et professeure de Lettres Classiques: français , latin , grec)

©Pluton-Magazine. 2017

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