Le diabète gestationnel

Par Georges COCKS

 

Lorsqu’on parle de diabète, on oublie souvent cette forme de la maladie. Environ 6 femmes sur 100 en France développent un diabète durant la grossesse. Ce chiffre augmente en raison du recul de l’âge de la première grossesse et d’une plus grande fréquence de surpoids. Pourtant non diabétique avant la grossesse, ces futures mamans présenteraient un risque élevé de le devenir dans les années qui suivent l’accouchement.

 

Le diabète gestationnel, appelé aussi « diabète de grossesse », survient chez la femme enceinte vers la fin du 2e trimestre. Il peut durer le temps de la grossesse ou être révélateur d’un diabète antérieur.

 

Qu’est-ce que le diabète gestationnel ?

 

L’Organisation Mondiale de la Santé définit le diabète gestationnel comme un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse.

Pendant la grossesse, l’insuline, hormone fabriquée par le pancréas, qui régule la glycémie, devient moins efficace, sous l’effet des hormones fabriquées par le placenta. De ce fait, il faut bien plus d’insuline pour maintenir une glycémie normale.

 

Sous le terme de diabète gestationnel, on regroupe deux populations différentes :

 

  • les femmes qui ont un diabète méconnu et que la grossesse va révéler
  • les femmes qui développent un diabète uniquement à l’occasion de la grossesse, trouble qui disparaît le plus souvent après celle-ci.

 

Cependant, nombre de ces futures mamans risquent de développer ultérieurement un diabète de Type 2, appelé diabète non insulino-dépendant. C’est un diabète héréditaire.

Dans tous les cas, le diabète gestationnel doit être surveillé et traité car il comporte un risque pour la mère comme pour l’enfant.
Le diabète gestationnel peut passer inaperçu, être asymptomatique (sans symptômes) ou présenter des symptômes similaires à ceux des autres types de diabète : soif intense, mictions (urines) fréquentes et abondantes, fatigue importante…

Les risques pour la mère et pour l’enfant se situent essentiellement dans la période périnatale.

 

Risques pour l’enfant

 

Le glucose en excès chez la mère est transmis au fœtus en surplus. Cette réserve calorique excédentaire est stockée dans les organes de l’enfant. Le poids et la croissance de l’enfant à naître sont alors excessifs. La macrosomie (poids à la naissance supérieur à 4 kg) peut entraîner un accouchement difficile : la dystocie des épaules peut engager le pronostic vital de l’enfant. D’autres complications pour l’enfant sont possibles :

 

  • détresse respiratoire
  • hypoglycémie néonatale
  • risque de développer plus tard un diabète de type 2

 

Risques pour la mère

 

La complication la plus grave est la survenue d’une pré-éclampsie (ou toxémie gravidique) pouvant associer prise de poids, œdèmes et hypertension artérielle.

 

  • accouchement par césarienne
  • risque de développer un diabète de type 2 après la grossesse (7 fois plus que sans diabète gestationnel)
  • accouchement prématuré

 

Dépistage et diagnostic

 

Aujourd’hui, la surveillance de la grossesse intègre un dépistage du diabète gestationnel vers le 6ème mois. Ce dépistage reste à la main de l’équipe médicale qui tiendra compte  des facteurs de risques ci-dessous.

 

Femmes enceintes à risque

 

Les facteurs de risque du diabète gestationnel sont maintenant bien identifiés :

 

  • une grossesse tardive : chez les femmes âgées de plus de 35 ans, la prévalence atteint 14,2 %
  • l’indice de masse corporelle (IMC ? 25kg/m²) : chez les femmes atteintes d’obésité et de surpoids, la prévalence atteint respectivement 19,1 % et 11,1 %
  • des antécédents personnels de diabète gestationnel : pour les femmes ayant déjà développé un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse, la prévalence monte à 50 %
  • des antécédents familiaux de diabète de type 2 (parents, frère, sœur)
  • des antécédents de macrosomie fœtale : poids de naissance d’un bébé supérieur à 4 kg.

 

Femmes enceintes ne présentant pas de risque

 

Si la femme enceinte ne présente pas au moins un de ces facteurs de risque, on recherchera un diabète gestationnel seulement en cas d’hydramnios (quantité trop importante de liquide amniotique) ou de biométries fœtales (mesures de la dimension du fœtus) supérieures ou égales au 97e percentile. Il est à noter qu’une jeune femme ni obèse, ni en surpoids, et avec une bonne hygiène de vie, peut développer un diabète gestationnel. Il s’agit d’un dérèglement hormonal favorisé par certains facteurs et parfois inévitable.

 


Éviter le risque de diabète gestationnel

 

Le premier traitement préventif est de limiter la prise de poids au cours de la grossesse. Une alimentation saine et équilibré est nécessaire. Une diététique personnalisée est souvent complémentaire. En dehors de contre-indications médicales, l’activité physique régulière et adaptée au profil de la femme enceinte est recommandée, gym douce, vélo d’appartement, natation, marche… le tout est d’éviter les secousses et les sports à risque : cheval, tennis, squash….

Dans tous les cas, si vous avez encouru le risque vous serez suivi par une équipe pluridis-ciplinaire qui saura mettre en place le meilleur traitement avec une surveillance glycémique et une prise en charge diabétique. L’objectif est de garder une glycémie à un taux acceptable, soit inférieur ou égal à 0.95g/L à jeun et inférieur à 1,20g/L deux heures après le début du repas. Ces résultats déterminent la prescription d’un traitement par insuline.
Le premier traitement est la prise en charge diététique avec régime alimentaire adapté et contrôle du poids :

 

  • régime hypoglucidique (privilégier les aliments à faible index glycémique qui font peu monter la glycémie)
  • repas fractionnés : répartition de la prise des glucides au cours de la journée (3 repas, 2 collations)
  • calcul de la ration calorique adaptée à chaque femme
  • privilégier les fibres (elles ralentissent l’absorption des glucides et donc le pic d’hyperglycémie post-prandiale).

 

Une fois arrivée à terme vous allez donner naissance à un beau bébé qui vous apportera la joie comme à tous les parents au monde. Dans les trois mois qui suivent votre accouchement, un nouveau test HGPO 75g (test de dépistage de diabète gestationnel, Hyper Glycémie Orale Provoqué) sera réalisé pour s’assurer de la disparition du diabète. Avant toute future grossesse il sera nécessaire d’y recourir, puis systématiquement tous les 1 à 3 ans, selon vos facteurs de risque.

 

Sources : Fédération Française des Diabétiques – Roche Diagnostics France

Article rédigé avec l’aimable autorisation de la Fédération Française des Diabétiques.

 

Rédacteur Georges COCKS ( Ecrivain guadeloupéen)

© PLUTON MAGAZINE/2018

Secrétariat de rédaction Colette FOURNIER

Crédit photo (faire un don):  Fotomelia 

 

 

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