Par Rose Marie BARRIENTOS
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Depuis de nombreuses années, je m’intéresse aux artistes qui, au lieu de créer des objets, créent des « sociétés » ou des « institutions ». Ces artistes présentent leurs « œuvres » sous le nom d’une organisation qui n’existe que dans l’univers artistique. C’est le cas du suédois Karl Larsson, qui j’ai croisé dans une foire de zines récemment. Il conçoit son œuvre comme une bibliothèque nomade qu’il active à la demande sous l’enseigne PUUT. Larsson met à disposition du public une collection de tout petits livres, tous fabriqués par ses soins et propose également une carte d’abonnement à sa bibliothèque ; elle s’obtient moyennant la modique somme de dix euros : stratégie simple, petit prix, transaction réussie. En apparence rattaché au monde littéraire, le dispositif de Larsson n’est que le cadre de son œuvre-entreprise. Ses petites œuvres-ouvrages, sans véritable contenu littéraire ni ambition spéculatrice – comme le serait une œuvre circulant dans le marché de l’art – rappellent les propos d’Yves Klein. Pour rappel, Klein, artiste de l’immatériel, disait de ses œuvres qu’elles n’étaient que «cendres de son art ». Lors de ma visite à PUUT, j’ai savouré la créativité et la démarche de cet artiste astucieux autant que le minuscule volume que j’ai pu emprunter (à vie !).
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