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SAUVAGES : Le vrai spectacle est dans la nature ! 

  • 29 juillet 2017
  • Pluton Magazine
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Il y a en Thaïlande une femme courageuse et sensibilisée à la souffrance des éléphants, Sangduen Chailert, qui a créé Elephant Nature Park,  au départ avec bien peu de moyens, mais de plus en plus de bonnes volontés – dont nombre d’étrangers – accourues, on l’aura compris, pour venir en aide à ces animaux de légende et contemporains (encore !). Elle n’est pas pour autant en odeur de sainteté dans son propre pays, car on touche là à une tradition sacrée, mais surtout à un enjeu financier colossal…
 

 
 
La structure de ce refuge pour animaux, situé dans le district de Mae Taeng, Chiang Mai, au nord du royaume, est née en 1996. Ça n’est pas le circuit, la halte que l’on propose généralement aux touristes, préférant pour eux les traditionnelles balades à dos d’éléphant, les spectacles de dressage et autres shows, souvent spectaculaires, mais à quel prix ! L’instrument décrié par les défenseurs de la faune, le tristement célèbre bâton clouté dénoncé par eux, n’est pas le symbole unique de souffrances assurées, car il y a aussi les lourdes chaînes, les grosses entraves de bois, des nacelles parfois trop serrées pour transporter les touristes, des conditionnements multiples, diverses privations (manque de sommeil) pour mâter la bête et s’assurer de sa docilité dans la perspective du dressage, etc. Un éléphant qui peint ou qui joue au ballon, bien sûr, c’est du spectacle assuré, comme chez nous en Europe ou ailleurs. Mais à quel prix pour la bête !
 

                           
La triste histoire d’Hawaï
 
Et ailleurs, il y a parfois l’insoutenable comme ce qui se produisit ce jour de 1994 à Honolulu (Hawaï), où l’éléphante Tyke – battue, torturée pendant des années – qui refusait de rentrer dans le rang (elle se révolta en tuant son dresseur avant de s’enfuir et de tout dévaster dans la ville sur son passage) fut abattue après une course poursuite par une armada de gardes,  sous un feu nourri de près d’une centaine de balles. La vidéo doublement insoutenable qui en a été faite et que l’on trouve facilement sur la toile a été projetée récemment à Bordeaux, dans le cadre de l’exposition événement SAUVAGES. La  structure bien connue de Darwin Eco-système, sur la rive droite de la Garonne, avait prêté son cadre à divers partenaires associatifs s’inscrivant dans la sensibilisation du public au mieux vivre des animaux et à leur protection. Notamment HISA, Human Initiative to Save Animals qui a une mission claire : sauvegarder les animaux sauvages, ainsi que les écosystèmes qui les abritent, tout en veillant au bien-être des hommes dans les domaines économique, alimentaire, matériel et de santé.     
 
 

 
HISA, 30 Millions d’Amis, Sea Shepherd, Acta Gironde… tous au rendez-vous
 
Objectif hardi pour l’équipe des concepteurs du projet,  Perrine Crosmary , Thibault Sarny et Freedom Process Studio ( direction artistique de l’événement) ont fait appel à La Lune Rousse pour produire l’événement, Perrine Crosmary  (Présidente de l’association HISA) et le photographe et vidéaste Thibault Sarny « qui ont fait l’arrière » des grilles de cirques français pour capter souvent la détresse dans le regard des bêtes enfermées ; d’où de multiples actions de sensibilisation autour de ces divers sujets et par le biais d’exposions-débats itinérantes en France, comme celle-ci, où sont dénoncés avec force certains spectacles contraignant les animaux à se produire dans ces cirques et parcs marins.
Les vastes locaux de ces anciens entrepôts des Magasins généraux des armées, qui abritent aujourd’hui de nombreuses start-up et acteurs de cet esprit écologique, lieu alternatif où l’on parle d’économie responsable, d’entreprenariat social, d’engagement citoyen, ont permis à un public venu nombreux de participer à ces journées, de s’attarder notamment sur les multiples symboles visuels de la souffrance des animaux, de suivre des conférences. Car, si l’on a évoqué, bien sûr, les éléphants en péril, aujourd’hui, bien d’autres espèces ont droit de cité, situation que reflétait l’exposition. HISA et ses partenaires travaillent, par exemple, sur la conservation du léopard des neiges au Ladakh, dans les montagnes transhimalayennes, avec  l’objectif d’améliorer aussi la vie des gens de ce pays haut perché ; mais encore sur le projet de conservation des guépards au Zimbabwe. La liste des actions entreprises est longue. Chaque structure associative ou de recherche a son carré d’alerte, voire offensif, des associations de protection, de la fondation 30 Millions d’Amis à la SPA (via le dernier SOS de Brigitte Bardot), pour que cesse l’abandon des animaux de compagnie sur la route des vacances, sans oublier les lanceurs d’alerte sur l’extinction prévisible de centaines d’espèces sur la planète. Ce dernier point n’est pas un phantasme, il n’est que de constater déjà chez nous la dramatique régression des abeilles et autres butineuses.
 
 
 
 
 
Et au bout du monde, c’est le même constat pour d’autres espèces comme la roussette qu’on appelle aussi renard volant : de jeunes chercheurs français de l’université de Kyoto, au Japon, continuent de travailler sur le sujet, lançant à leur tour un véritable SOS via la presse scientifique notamment, pour dénoncer sans détour « les massacres organisés par le gouvernement de l’île Maurice ces deux dernières années. Nous en appelons à une réaction de la communauté internationale afin d’assurer la survie de ces espèces hautement menacées et extrêmement importantes pour le fonctionnement des écosystèmes tropicaux »  Car, poursuit le professeur Christian Vincenot, (Biosphere Informatics Laboratory Department of Social Informatics – Kyoto University) « sur de nombreuses îles, ces chauve-souris sont les uniques polinisateurs, surtout des fruits aux grosses graines. Il y a péril ainsi par exemple pour le célèbre fruit tropical, le durian. » La roussette est chassée pour sa chair, pour ses propriétés soi-disant médicinales ( !), pour la seule chasse aussi et parce qu’elle menacerait les cultures fruitières… S’ajoute au problème, la déforestation qui réduit dangereusement son cadre de vie. (Pluton Magazine consacrera prochainement un article complet à ce sujet).
 
« Un monde animalier conditionné, contraint, captif, meurtri… »
 
Sara Comte et Julien Ly, de Freedom Process, dont le studio créatif est situé dans le Cotentin, ont été très actifs tout au long  du projet et de ces journées bordelaises, accueillant citadins et ruraux, acquis la plupart du temps à cette cause : « Les gens, me confie Sara,  arrivent dans l’exposition, éprouvent de l’intérêt, de la tendresse, l’animal est dans notre société, on a un rapport évident en France à la nature, globalement, et c’est formidable, mais on comprend bien vite qu’on se trouve là, via l’expo, dans un monde animalier conditionné, contraint, captif, meurtri…   arraché à sa vie naturelle, et les visages laissent bien vite passer l’émotion. »  Julien illustre le propos avec l’exemple du requin blanc : « Le requin blanc, normalement il ne tient pas plus de 3 jours dans un bassin, il faut savoir que les plus grandes traversées, les plus grandes migrations chez cet animal qui ont été enregistrées, c’est 30.000 km par an, donc vous voyez l’aquarium… et il a besoin de se déplacer pour respirer… et quand on voit l’ours blanc dont le rayon d’action s’étend sur des km et des km, alors, derrière un enclos, vous pensez !»
 
 
 
À chaque station, le parcours de l’exposition interpelle, devant chaque photographie, chaque panneau explicatif et  l’éqquipe se réjouit de toutes les énergies, les compétences qui se rassemblent autour de ce genre de projet, reflet d’une triste réalité mais traduisant de multiples actions à longueur d’année : « C’est bien d’avoir aujourd’hui à nos côté des scientifiques pour expliquer les comportements animaliers, mais maintenant pour toucher le cœur des gens et les émotions, il faut retranscrire les paramètres un peu techniques, et c’est là que nous intervenons, il nous faut mettre  tout ça en images, trouver un scénario  le plus juste possible et pour revenir au vrai, à la réalité. C’est une mise en scène sans militantisme, ni malsain, ni agressif puisque l’idée c’est bien de toucher la sensibilité de chacun et pour une meilleure prise de conscience de ce drame que vivent bien des animaux. Et faire déjà, de l’information. »
 
Une confection responsable
 
Tout est dit. Et le quotidien de Julien, comme de Sara, s’inscrit bien dans la ligne de cette démarche, car au-delà de leur engagement pour la nature, leur activité commerciale atteste cette fois qu’il est possible de conjuguer business avec écologie, respect de la flore et de la faune ; leurs créations dans la confection traduisent ce souci, en prenant le contrepied « de ce qu’une certaine mode génère comme dégâts, disons-le, comme désastre, dans sa confection, avec des implications humaines et environnementales » (Julien). Ils recherchent donc et utilisent  des matériaux le plus possible en cohérence avec ce combat pour la planète au sens le plus large.  La marque s’est inspirée de la nature pour dessiner sur ses créations, foulards, tee-shirts, etc., des espèces en danger et s’engage à reverser des bénéficies à l’association HISA  pour contribuer à sauver les animaux.  Par exemple encore, Instinct-Projet, à propos de la tortue étoilée de Madagascar qui est en danger critique d’extinction, a créé le Porte drapeau de la protection dont une partie des bénéfices issus des ventes ira directement à sa sauvegarde.  L’emblème est un carré de 140 x 140  tissé jacquard,  76 % tencel   et 24 % coton. L’échoppe proposée à Bordeaux pour la circonstance offrait un large éventail de productions « respectueuses de l’environnement et des animaux » : tee-shirts, tatouages, shopping bag en modal, coton bio et même PES  recyclé.
 

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