80 Km/h : l’arnaque à grande vitesse

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Par Georges COCKS

Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité routière, une expérimentation de diminution de la vitesse limite autorisée de 90 km/h à 80 km/h sur quelques itinéraires de routes nationales bidirectionnelles a été décidée. Cette expérimentation s’est déroulée sur la RN7 dans la Drôme (26), la RN57 dans la Haute-Saône (70) et la RN151 dans l’Yonne (89) et la Nièvre (58).

Quelques chiffres

Chaque année, la route tue. Mais depuis la mise en place d’une réglementation de la vitesse, il y plus de 40 ans, en France, le nombre d’accidents et de victimes est en baisse constante chaque année. L’observatoire national interministériel de la sécurité routière dresse un bilan satisfaisant pour le mois de mai 2018 :

En France, 272 personnes sont décédées en mai 2018, soit 25 de moins qu’en mai 2017 (-8,4 %).

Les autres indicateurs de l’accidentalité routière du mois sont en baisse :

-le nombre d’accidents corporels est de 4 918, contre 5 112 en mai 2017, soit  194 accidents corporels de moins (-3,8 %) ;

– 250 personnes ont été blessées en mai 2018, contre 6 367 en mai 2017, soit 117 de moins (-1,8 %) ;

-2 116 personnes ont dû être hospitalisées plus de 24 heures contre 2 494 en mai 2017, soit 378 personnes de moins (-15,2 %).

Dans les Outre-mer, 20 personnes ont perdu la vie sur les routes  en mai 2018, soit 4 de plus qu’en mai 2017. Les autres indicateurs sont en hausse, à l’exception du nombre de blessés hospitalisés :

-le nombre des accidents corporels est en hausse avec 206 accidents corporels en mai 2018 ;

-le nombre de personnes blessées est en hausse avec 270 blessés en mai 2018 ;

-le nombre de personnes hospitalisées plus de 24 heures est en baisse avec 108 blessés dans ce cas en mai 2018.

Le bilan de la sécurité routière pour l’année 2017

En 2017, 3 684 personnes ont perdu la vie sur les routes de France. Avec 54 décès de moins qu’en 2016, la mortalité routière est en légère baisse de -1,4 %. Les autres indicateurs de l’accidentalité sont en hausse : les accidents corporels ont augmenté de + 2,2 %, le nombre de personnes blessées de + 1,3 %, ainsi que les hospitalisations à la suite d’un accident routier de qui ont progressé de + 2,0 %.

En métropole : légère baisse de la mortalité routière en 2017, hausse du nombre d’accidents corporels et de blessés.

En 2017, 3 448 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route en France métropolitaine. Avec 29 décès de moins, la mortalité routière est en légère baisse (- 0,8 %) par rapport à 2016, après deux années d’augmentation, en 2014 (+3,5 %) et en 2015 (+ 2,3 %) et une stabilisation en 2016 (+ 0,46 %).

Les autres indicateurs de l’accidentalité sont en légère hausse : le nombre de personnes blessées sur les routes augmente de + 1,0 %, soit au total 73 384 personnes blessées dans les 58 613 accidents corporels (+ 1,9 %). 27 732 de ces personnes ont dû être hospitalisées (+ 2,0 % par rapport à 2016), parmi lesquelles une sur dix gardera des séquelles lourdes.

Rapport sur l’expérimentation de l’abaissement de la vitesse limite autorisée à 80 km/h

Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité routière, une expérimentation de diminution de la vitesse limite autorisée de 90 km/h à 80 km/h sur quelques itinéraires de routes nationales bidirectionnelles a été décidée. Cette expérimentation s’est déroulée sur la RN7 dans la Drôme (26), la RN57 dans la Haute-Saône (70) et la RN151 dans l’Yonne (89) et la Nièvre (58).

Le Cerema a été sollicité par la Délégation à la sécurité routière pour réaliser des observations sur les vitesses pratiquées par les usagers sur les tronçons de l’expérimentation, avant et après l’abaissement de la vitesse limite autorisée. Ces observations ont été effectuées au moyen de plusieurs campagnes successives sur une période de deux années. L’analyse des résultats des mesures des vitesses observées montre que la baisse de la vitesse limite autorisée de 90 km/h à 80 km/h a engendré une baisse moyenne des vitesses pratiquées pour tous les véhicules de 4,7 km/h. Cette baisse, sur tous les tronçons, concerne tous les usagers.

Aussi, un suivi de l’accidentalité sur les tronçons de l’expérimentation a été réalisé par l’ONISR. Le bilan affiche une tendance positive, mais le nombre d’accidents considérés étant peu élevé, la baisse de l’accidentalité observée n’est pas statistiquement significative.

Objectif : Sauver des vies 

C’est l’objectif recherché par le gouvernement via son ministère de la sécurité routière, pourtant tous les usagers ne l’entendent pas de cette oreille. Sur les réseaux sociaux, les objections ironiques fusent :

« on nous prend pour des cons » ou encore « serait-il nécessaire de passer le permis pour 80km/h, autant s’offrir une voiture sans permis »

L’objectif est certes louable, mais certains se demandent si le gouvernement aime vraiment la vie des citoyens ou plutôt leur porte-monnaie, en ne prenant aucune mesure pour permettre à tous, chauffeurs ou non, de manger sainement pour éviter des maladies qui sont causes de mortalité. Y aurait-il un élan soudain d’amour ? Le rocher semble trop petit pour abriter la murène. La santé est une première résultante de la vie. Cependant, l’affichage de nouvelles publicités pour des sucettes sur tout le territoire national et les départements d’outre-mer représente, par exemple, un sacré gâteau. La recherche-développement en matière d’industrie automobile a énormément évolué, mais les efforts pourraient être plus conséquents, si réellement l’objectif recherché était de sauver des vies.

Nous n’aborderons pas, ici, les facteurs externes comme l’alcoologie ou la toxicomanie mais celui de la vitesse excessive qui est toujours évoqué. Les conducteurs sont renvoyés à leur sens de la responsabilité. Puisque cela ne suffit pas, puisque cela ne marche toujours pas, puisqu’il y a encore des tués, on va abaisser la vitesse et continuer à produire des bolides qui dépassent de plus de deux fois la vitesse maximale autorisée. Quel est l’intérêt ? Et où se trouve le bon sens ? Il y aura toujours des accidents de la route dus à des excès de vitesse, qu’on le veuille ou non. Ce non-sens est une pure idiotie qui profite aux seuls industriels et qui berne les consommateurs irréfléchis. À quoi cela sert-il de mettre des régulateurs de vitesse lorsqu’on pourrait tout simplement équiper tous les véhicules d’un dispositif de bridage en créant des zones de localisation GPS ou GSM, où il serait tout bonnement impossible de dépasser la , même en écrasant la pédale ? Les fonctions d’injection ne seraient pas nécessaires. On économiserait beaucoup sur le coût des voitures, des pannes, des pièces à recycler… L’extraction des minerais de la terre n’étant pas infinie, on s’épargnerait la pénurie de matière première qui aurait pour conséquence d’influer gravement sur les marchés boursiers.

On pourrait s’interroger sur le non-sens des crashs tests définis par le Comité européen de sécurité automobile, et avancés comme une base pour la législation imposée à tous les véhicules. Si on cherche à sauver des vies, pourquoi recourir à des essais en dessous des valeurs maximales de vitesse ? Seulement 64 km/h pour un impact frontal et 50 Km/h pour un impact latéral.

La réponse est simple : le profit contre la vie. Les industriels, de fait, auraient dépensé plus pour offrir un habitacle plus sûr et jouent sur la médiocrité de leur production de cercueils ambulants pour réformer rapidement les véhicules au moindre choc, induisant le rachat d’un véhicule neuf, un crédit, des malus… Il suffirait de supprimer toutes les options qui ne servent à rien et investir, par exemple, sur des arceaux comme pour les voitures de course : la facture serait moindre et l’habitacle deviendrait déjà plus sûr. Malgré tout ce progrès, il faut constater chaque année le rappel de milliers de véhicules pour des défauts majeur impactant la sécurité des passagers (freins, régulateurs…).

L’état des routes

Il est souvent pointé du doigt le bilan meurtrier des DOM, et chaque préfet qui prend son poste fait plus de bruit que de résultats pour une simple et bonne cause : l’état lamentable du réseau routier, partout. Des nids-de-poules sur des voies rapides de 110Km/h, des déformations inquiétantes de la chaussée qui surprennent les étrangers et les non habitués à ces trajets. Bordures de routes effritées en piteux état, inondations des voies sans distinctions, absence de marquage au sol, qui rend difficile la conduite de nuit en cas de fortes pluies, éclairage insuffisant sur des portions entières de routes alors que les luminaires sont posés… La liste des défauts est longue. La vitesse n’est pas le plus gros problème dans les DOM. La route tue quand elle est mal entretenue.

Certains pays voisins ont relevé leur vitesse et ont investi énormément sur le réseau routier, et ils nous prouvent que c’est une idée fausse de prétendre que la vitesse contribuerait à une augmentation du nombre de tués ou de blessés sur la route. Certains ont été jusqu’à supprimer complètement les signalisations verticales et horizontales avec des résultats plus que satisfaisants. Piétons et automobilistes cohabitent mieux. Au lieu d’automatiser les individus, on les pousse à réfléchir sur le sens et les conséquences, et ça marche. L’installation de radars n’a pour but que de remplir les caisses et de supprimer des postes de contrôle par des agents actifs et les dépenses que cela occasionne. L’abaissement de la vitesse va aussi entraîner un surcoût de réparation des véhicules diesel disposant d’un FAP (filtre à particules). Ce dispositif a pour but de retenir les particules fines qui ne peuvent être éliminées par une montée en température de ce dernier. Or, pour atteindre ce seuil, il faut pouvoir rouler à près de 3000 tr/min, ce qui vous propulse à plus de 120 km/h. Vous l’avez constaté, vous serez déjà en infraction. Un FAP neuf vous coûtera au moins 600 euros pour un véhicule de 90ch seulement. 10Km/h de moins ! Rendez-vous pour un bilan annuel. Bien entendu, les chiffres vont baisser, car ils le font toujours, et puis, il faut se rappeler que même si on veut atteindre le seuil zéro, il ne faut pas oublier que l’erreur est humaine.

 

 

Rédacteur Cocks Georges 

Secrétariat rédaction Colette Fournier

©Tribune/Pluton-Magazine/2018

Sources :

-Rapports du Cerema et de l’ONISR

-Baromètre ONISR du mois de mai

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