« Faisons du Beau émotionnel. De cet art qui enchante notre quotidien et non qui veut transformer notre quotidien en exceptionnel. »
C’est dans l’une de ces rues bordelaises si typiques, où se succèdent sans fin les maisons basses en pierre, ces échoppes d’autrefois, si prisées aujourd’hui, qu’au milieu des parfums de bois de cèdre et de thé vert, je découvre Phil, jeune artiste d’une trentaine d’années, de son vrai nom Philippe Meyer. Ce premier atelier qu’il vient d’agencer est une consécration, un aboutissement, au terme de plusieurs années d’études et d’apprentissage, de Bruxelles à Paris et jusque dans l’Ostrobotnie du sud, autrement dit l’ouest de la Finlande où il découvrira sa vocation de sculpteur, avec une formation aux techniques propres à cette région :
« J’ai touché une autre manière de faire, pas forcément de marteler les outils mais vraiment d’aller à la coupe en forêt, trancher dans le vif justement, ne pas frapper, c’est assez doux à faire au niveau sculpture, même si ça nécessite une certaine force, mais les sensations sont infiniment plus douces que ce mouvement qui est rythmique, qui martèle et dont je sens les vibrations en permanence quand j’utilise le maillet, dans le bras, dans tout le corps ; alors que là, c’est vraiment un mouvement poussé qui part de la plante des pieds pour aller dans l’outil, jusque dans le bois, tandis que dans le sud de l’Europe on martèle plutôt. Et là-haut, parce que le bouleau notamment est un bois assez tendre, ça permet de pousser l’outil justement et de couper différemment. Après, c’est peut-être aussi la culture finlandaise, cette manière de faire. »

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