Compte rendu de lecture
Édouard Glissant, philosophe[1]
d’Alexandre Leupin
Par Corinne Mencé-Caster
Université Paris-Sorbonne
Dans cet essai de près de 350 pages, Alexandre Leupin s’emploie à restituer la dimension proprement philosophique de l’œuvre d’Édouard Glissant et à en manifester la cohérente complexité. En dix-huit chapitres, l’analyste scrute minutieusement la pensée glissantienne, en traque finement les articulations et sinuosités, sans se priver de souligner ses apparentes contradictions, tout autant que son extraordinaire fécondité et densité.
Engageant un subtil dialogue entre les textes glissantiens et les œuvres majeures de la philosophie dite occidentale, perspective qu’il juge insuffisamment étudiée jusqu’alors, Alexandre Leupin tisse une toile très serrée dans laquelle la relation à la fois « conflictuelle et accueillante » de Glissant avec la tradition philosophique « occidentale » s’éclaire admirablement. C’est que la lecture qu’il nous livre, quoique soucieuse d’être au plus juste du texte, ne sombre jamais dans l’hermétisme, pas plus que dans la célébration aveugle.
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