Je voudrais aborder ici, devant vous, la question de la « fanm poto-mitan », dans une relecture qui me paraît d’autant plus féconde, qu’elle met en relief les contradictions inhérentes à des sociétés qui sont encore et toujours marquées par la « colonie », bien qu’elles s’en défendent.
Même si le regard porté sur la « fanm poto-mitan », c’est-à-dire dans une traduction presque littérale, sur la femme qui est le pilier du foyer (le « poteau mitan » étant le péristyle du « hounfor » autour duquel dansent les initiés ou adeptes du vaudou), a évolué ces dernières années, force est de constater que cette catégorie reste prégnante dans les imaginaires de nos sociétés antillaises, constituant une sorte de mythe « rassurant », dans une cosmogonie désincarnée, seulement peuplée du « Neg Marron » et de quelques héroïnes (Mulâtresse Solitude) encore trop méconnues.
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