Embarquement immédiat (V): une guyanaise à New-York

À l‘âge de 33 ans, j’ai tout plaqué pour aller vivre mon rêve américain, « the American Dream ». En 2009, j’ai débarqué avec mes deux valises à New York à la conquête de l’inconnu, sans amis ni  famille ; juste avec quelques économies. Mes débuts et  mon intégration furent très difficiles, loin de ce  que je pensais.

Alizé Utteryn raconte son parcours.

 

12193646_422714154586486_1253509034728009166_n« Les États Unis d’Amérique m’ont toujours fascinée depuis ma jeunesse et surtout la ville de New York. En 2002, je m’y rends pour la première fois et là, c’est le coup de foudre. Je tombe littéralement amoureuse de la Big Apple. Je me sens chez moi. Dès ce moment-là, je me suis fait la promesse de retourner à New York pour y vivre et y travailler. Mais ce rêve ne pouvait pas se réaliser dans l’immédiat. En effet, avec un Master en Ressources Humaines en poche, en 2003, je décroche aussitôt un poste à responsabilité dans une filiale de Danone, en région parisienne. Ma carrière professionnelle est en plein boom, des opportunités se présentent et très vite, je gravis les échelons en tant que cadre Directrice des Ressources Humaines.

J’ai donc préféré dans un premier temps acquérir de l’expérience en France. Puis, en 2007, c’est le début de mon expatriation à l’international. J’ai une proposition d’embauche pour travailler à l’étranger, plus précisément en République tchèque, à Prague, en tant que responsable paie et formation pour une  grande entreprise Américaine. C’est une occasion rêvée de partir à l’étranger dans un cadre professionnel.  Je n’ai pas réfléchi à deux fois, j’ai saisi l’opportunité en fonçant tête baissée. Et c’est le début de ma première aventure à l’international dans un pays qui m’était complètement inconnu. Après deux belles années d’expérience professionnelle et humaine vécues à Prague, je ne voulais plus revenir en France. Or,  une fois qu’on a goûté à l’expatriation, c‘est difficile de reprendre sa vie d’autrefois. J’étais déterminée, je voulais enfin réaliser mon rêve, partir m’installer à New York, cette ville où l’impossible devient possible. Pourquoi attendre plus ? Je n’avais rien à perdre, J‘étais très libre ;  pas d’attache ni de vie de famille. Je me disais que c‘était le moment ou jamais. Je ne voulais plus me contenter de rêver, mais vivre mes rêves.

alizeÀ l‘âge de 33 ans, j’ai tout plaqué pour aller vivre mon rêve américain, « the American Dream ». En 2009, j’ai débarqué avec mes deux valises à New York à la conquête de l’inconnu, sans amis ni  famille ; juste avec quelques économies. Mes débuts et  mon intégration furent très difficiles, loin de ce  que je pensais. Tout a commencé avec la barrière de la langue. Bien que j’eusse un bon niveau d’anglais, j’avais beaucoup de mal à m’exprimer et à comprendre les Américains.  J’ai dû prendre des cours intensifs d’anglais. Puis au niveau administratif, c’était une vrai galère de pouvoir se faire comprendre et maîtriser les règles de fonctionnement du système américain. Tout était nouveau et si diffèrent de notre système français. J’ai dû tout recommencer à zéro : reprendre mes études de Business Management Administration pendant deux ans successifs et aller à l’université tous les weekends, du vendredi au dimanche (vingt heures de cours).  Ajouter à cela plus de soixante heures de travail par semaine : un vrai challenge, d’autant que je me  retrouvais à l’école avec des jeunes de 20ans ! C’était très dur, mais je devais m’accrocher. Je n’avais aucune  vie sociale, pas le moindre ami.  Je passais mon temps à travailler et à étudier car j’avais des objectifs à atteindre. Aussi, pour pouvoir réussir, je devais passer par cette période de sacrifice. No pain, no gain ! Il m’arrivait de  craquer et de pleurer, tellement c’était dur de pouvoir suivre ce rythme effréné. Pendant longtemps, je n’ai pas eu de vacances. Sans compter la solitude.  Ma famille, mes amis et  mon confort personnel  me manquaient terriblement.  Je prétendais que tout allait bien pour rassurer ma famille, mais combien de fois ai-je été désespérée ! Cependant, ce qui m’a permis de surmonter ces difficultés, ce sont ma foi, ma détermination et la volonté de  réussir. Il n’y avait pas de place pour l’échec.  Surtout, après avoir parcouru tout ce long chemin, je ne pouvais plus reculer.

À la fin de mes études, j’ai décidé de participer à un casting de modèles car je voulais faire de nouvelles rencontres et me faire des amis. Bien que ce casting fût destiné à de jeunes femmes de moins de 25 ans, j’ai néanmoins tenté ma chance ! Je n’avais rien à perdre ! J’ai dû mentir sur mon âge car j’avais 35 ans à l’époque.  Et comme on dit : « Qui ose, gagne ! »  J’ai été sélectionnée et repérée par un directeur d’agence qui m’a permis de faire mes premiers pas dans l’industrie de la mode. Passionnée par la danse, j’avais déjà mené une carrière de danseuse professionnelle, mais le monde du mannequinat était tout nouveau pour moi.

Un challenge réussi en ce sens que j’ai prouvé que j’avais du talent, un talent dont je  n’étais pas consciente.  Mais après un an, le modeling ne m’intéressait plus.  C’était juste un hobby. En dépit de tout, je voulais être davantage engagée, être au contact des gens, encadrer et faire des choses intéressantes ayant un réel impact sur la vie des autres. Après une formation de Chargée de relations publiques et de journalisme (ce qui m’a permis de travailler pour différentes compagnies de communication et de spectacles), j’ai décidé de travailler à mon compte en créant en 2013 ma propre société nommée  Alizé Lavie : un magazine multiculturel ; une plate-forme internationale pour promouvoir des talents du monde entier en partageant des histoires personnelles de vies inspirantes. Désormais, je ne voulais plus être exploitée par les autres entreprises.

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À ce jour, je dois mon succès à ma persévérance, mon courage et ma foi. Je n’ai jamais abandonné, je me suis battue jusqu’au bout et j’ai travaillé dur avec beaucoup de sacrifices. «  Mes échecs ont été mes meilleurs atouts pour réussir ». Grâce à tout mon travail acharné, j’ai été reconnue au niveau international.  Ce qui m’a valu plusieurs prix d’excellence : « Champion of change Awards », aux Nations Unies,  en 2014, « Young Gifted Black Entrepreneurs Awards, Fashion United Award », en  2015, « Danny Glover Awards & JUST Read Awards », en 2016, par la NAACP (organisation prestigieuse américaine favorisant les gens de couleur), pour mon magazine.

 

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J’ai su faire mes preuves et mon travail est très apprécié auprès des plus grandes instances internationales. Je me suis faite toute seule, « a self made woman ». Une grande fierté pour une jeune française guyanaise d’avoir pu s’imposer aux États Unis, en si peu de temps et d’avoir eu l’opportunité de fréquenter des lieux uniques comme les Nations Unies ou rencontrer des  stars, des personnalités comme le Président Obama.

Cependant, malgré toutes ces consécrations, je garde la tête froide. J‘ai encore un long chemin pour réaliser tous mes projets, cela me donne certes du courage pour me motiver et continuer. Les réalisations dont je suis le plus fière sont d’abord mon association Alizé Lavie Guyane visant à promouvoir la Guyane, son image, ses talents à l’international, Ensuite, mon engagement de leadership auprès des jeunes et enfin mon agence de Consulting et de service Alizelavie agency  tout juste créée  (opérationnelle dès janvier 2017), principalement dédiée aux jeunes (aide aux placements, recherche de logement, stage, visite de groupes…).

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À 40 ans, j‘ai encore plein de projets, ce n‘est que le début. Mes prochains défis : la publication d’un livre autobiographique et un TV show.

« Je ne cesse de rêver grand, « the sky is not limit », et je mets toujours tout en œuvre pour y parvenir, quels que soient les obstacles et le temps : seul le résultat compte, Et comme je crois en moi, je réussirai. Avec Dieu, rien n’est impossible. Alizé Lavie, c’est vivre sa vie pleinement, aller au bout de ses rêves, on n’a qu’une vie ! Soyez maître de votre destin »

Propos recueillis par Dominique Lancastre

Secrétariat rédaction Colette Fournier

Copyright Pluton-Magazine/2016

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