Danse: Moderne contre Classique

 

Vous êtes-vous déjà demandé les raisons pour lesquelles différentes formes de danse ont été développées ? Par exemple, pourquoi la danse moderne est-elle aussi populaire ?

 

Plusieurs réponses me viennent à l’esprit. Ce type de danse a vu le jour parce que certains danseurs étaient fatigués de la rigueur du ballet.  Ils voulaient la liberté de créer des mouvements de danse uniques, nouveaux, mais surtout, ils ne voulaient plus suivre l’ensemble de règles rigides que le classique impose.  Personnellement, je ne me suis pas mis à la danse classique pour aller à l’encontre de tout cela, mais pour acquérir  une certaine discipline me permettant de progresser vers d’autres horizons que le moderne seul ne m’assurait pas.

 

Bien sûr qu’au premier abord, la danse moderne semble avoir plus d’étendue que le ballet classique traditionnel ! Les premières années, les danseurs pratiquaient souvent pieds nus et portaient ce qu’ils souhaitaient comme vêtement. C’était une affirmation contre les chaussons du classique, les pointes de la ballerine ainsi que les tutus et autres accessoires.

 

 

Contrairement au ballet classique, la danse moderne encourage à la création de nouvelles étapes. Les danseurs et chorégraphes sont libres de créer de nouvelles formes en fonction de leur humeur, de leurs émotions ou tout simplement de leur vision artistique. Une manière de bouger sans contrainte ?

Pas certain que la danse moderne soit cela. Bien que le mouvement moderne se soit développé comme une révolte contre le classique, le ballet reste quand même le point de départ de la formation de la plupart des danseurs professionnels. Tout est question de la façon dont la technique classique vous sera enseignée. Vous est-elle enseignée pour que vous deveniez seulement un interprète fidèle du répertoire classique ou comme technique qui vous permettra de vous ouvrir vers d’autres interprétations et visions artistiques de la danse en général ? Là est toute la question. La transition vers une forme personnelle de la danse peut être compliquée.  C’est pour cela que tout prétendant á la danse dans son interprétation professionnelle devrait avoir cela en tête.

 

Toutes les expériences, tant sur le plan personnel ou encore professionnel de l’apprentissage du mouvement dansé, ne peuvent qu’apporter un plus dans sa propre formation artistique en danse. Je me considère comme un danseur de danse moderne bien que ma formation de départ ait commencé par la danse traditionnelle en Martinique, avant que je ne bifurque vers le jazz et ensuite le classique comme base d’entraînement physique quotidien, sans compter la musculation.  Les danseurs professionnels devraient garder à l’esprit que tout engagement dans une compagnie de danse de haut niveau débutera par un cours de danse classique avant que ne soit abordé le style ou la technique utilisé par cette compagnie. Si vous passez les étapes avec succès, le travail d’échauffement journalier, de toute façon, se passera à la barre classique et par tout ce qui s’ensuit. Il semblerait que passer du moderne au classique est difficile, mais que l’inverse serait plus confortable à cause de la base solide que donne sa structure et sa technique.  Tout est question d’effort, du talent qu’un bon professeur saura mettre en valeur et de la manière de développer ces acquis. Le but n’est pas de faire de vous un danseur classique, mais de vous enseigner une technique qui vous permettra de devenir un danseur, tout simplement.

 

Oui, le ballet n’est pas facile. C’est une des formes de danse les plus difficiles au monde, et certains vous diront même, l’une des plus artificielles. Mais la vérité est que vous avez besoin de la technique du classique pour devenir un danseur moderne ou un autre type de danseur, surtout si vous décidez de vous consacrer á l’interprétation professionnelle de cet art. La plupart des meilleures compagnies de danse moderne ou autres en activité en ce moment n’ utilise que d’excellents danseurs de formation classique et des chorégraphes qui trouvent là un vivier important d’artistes qui pourront interpréter et mettre en valeur professionnellement leur travail chorégraphique.

Merci de m’avoir lu !

 

Rédacteur Alain « Dobrah » Michigan

Secrétariat de rédaction Colette Fournier

Photo couverture Alonso King Ballet/ RJ Muna

(Meredith Webster et Corey Scott Gilbert dans Scheherazade)

Pluton-Magazine/Danse/2017

Autres articles:

Alain « Dobrah » Michigan , professeur de danse à  Move onJohn Harris Fitness Center et Broadway Dance Connection(Vienne, Autriche) alainmichigan@yahoo.fr
Alain « Dobrah » Michigan (Rédacteur Pluton-Magazine, rubrique Danse)

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