Embarquement immédiat.Davy Destouches: “venir au Canada fut la meilleure décision de ma vie”

 

 

Dès mon plus jeune âge, j’ai toujours été passionné par les technologies informatiques. Dès lors, j’ai toujours su que je travaillerai dans ce domaine. C’est suite à l’obtention de mon baccalauréat scientifique, sésame des études supérieures, que j’ai intégré l’École supérieure d’informatique SUPINFO, en Guadeloupe.

 

Avec un parcours scientifique et quelques choix hasardeux sur APB (ndlr: Admission Post-Bac), mon avenir scolaire se destinait à une classe préparatoire scientifique.

Un jour, assis sur la terrasse familiale, je feuilletais le journal local. Quelques pages plus tard, je tombai sur un article fort intéressant.  Une école d’informatique ouvrait ses portes sur le papillon !  Plus d’hésitations à avoir et pas question de me tourner les pouces. Bac en poche, je commençai ma scolarité, en 2008, à Supinfo.

Supinfo est représentée dans les plus grandes villes au monde : San Francisco, Casablanca, Beijing, Londres et Montréal pour ne citer qu’elles ; un étudiant pouvait au cours de la même année se former dans plusieurs pays. Cette ouverture sur le monde m’a séduit.

 

 

En 2009, à la fin de ma première année au sein de cette école,  j’effectuai un stage de trois mois au Canada. Passer des jolies maisons créoles de mon île à ces appartements en briques rouges perchés les uns sur les autres, m’impressionnait. Le contraste fut saisissant. J’étais jeune, des rêves plein la tête.

De fil en aiguille, j’ai immédiatement compris que les possibilités qui s’offraient à moi étaient immenses. En effet, le Canada est un pays en construction, 150 ans seulement d’existence politique gouvernementale ! Moi, jeune Guadeloupéen de la Caraïbe, je ressentais le désir de participer au développement perpétuel de ce territoire.

Cette expérience canadienne m’a conduit vers d’autres horizons.  Pas bien loin… Je me suis rendu pour une durée de trois mois  à San Francisco, en Californie. Là-bas, il fait chaud ! Montagnes russes californiennes, San Francisco est la quatrième métropole des États-Unis. C’est ici que se trouve le premier pôle des hautes technologies : la Silicon Valley.

 

À 19 ans, je réalisais l’un de mes rêves. Je me suis rendu au cœur de cette plaque tournante du monde informatique… J’ai visité les bureaux grandioses de Google et Android. DREAM COME TRUE !

 

 Grâce à ces déplacements, c’est en quatrième année que je me suis envolé pour le Canada pour poursuivre mes études à Supinfo Montréal.

 Venir  étudier au Canada n’est pas vraiment difficile en faisant un permis d’études. Y rester pour travailler est un tout autre défi. J’encourage fortement les gens à consulter le site pvtistes.net qui m’a énormément aidé afin de comprendre les différentes façons d’y venir.

En octobre 2011, après des vacances bien méritées auprès de mes parents, qui m’ont toujours soutenu dans mes folles aventures, je redécouvris Montréal et ses environs pour une durée indéfinie…

 

À cette période, je découvrais les températures qui font la réputation du pays de l’érable.

Je vivais avec stupeur et tremblements, pour la première fois de ma vie, un froid terrible qui peut descendre jusqu’à – 40 degrés !  Enfant du soleil, la chaleur de Sainte-Rose me manquait déjà… En réconfort, j’ai obtenu l’accueil chaleureux des Canadiens.

Ah ce froid canadien, je soupire quand j’y pense ! Il faut être préparé mentalement pour le supporter. Après six années, je peux affirmer une chose avec certitude : je ne m’habituerai jamais à ce temps ! (rires)

 

 

En 2013, voilà deux ans que je découvre le  français québécois  et ses expressions que j’utilise régulièrement. Je sors diplômé de Supinfo, et c’est surtout le début de ma recherche d’emploi.

Avec un master en informatique et doté de mon grade, Expert en informatique et Systèmes d’Information, je ne trouvais pas d’emploi correspondant à mon niveau d’études. Malgré plusieurs stages en entreprise, le nombre d’expériences demandées pour prétendre à un poste d’administrateur de systèmes était trop élevé pour mon profil.  Je me retrouvais face à des employeurs qui n’avaient pas confiance en mes expériences acquises hors du Canada. J’ai compris que je devais commencer ma carrière par un poste moins qualifié pour gravir les échelons.

C’est à 22 ans que j’ai pris mes fonctions de technicien informatique pour le compte d’une grande entreprise. J’ai passé pléthore de tests pour y entrer ! Car ici, il faut prouver constamment. Prouver qu’on sait faire, prouver qu’on a les capacités à travailler sous pression.  En réalité, il faut être bon. Et acquérir de l’expérience. Une notion largement valorisée dans les entreprises canadiennes. Rester au Canada m’a rendu bilingue. Bien que j’aie travaillé avec des Français, les consignes à ce poste étaient en anglais. Un atout non négligeable sur le continent.

Pour cette première expérience professionnelle, je travaillais d’arrache-pied pour être reconnu dans ma profession. Il m’arrivait de cumuler 60 à 70 heures par semaine. Un pari fou qui m’a définitivement armé pour ce corps de métier.

Après un an et demi dans cette société et un certain nombre de certifications obtenues, j’accède au poste que je désirais tant. Avec le soutien de ma hiérarchie, je passai de technicien à administrateur de systèmes informatiques.

Professionnellement, tout se passe bien !  Mon épanouissement est à son paroxysme ! Rien ne m’arrête…Jusqu’à…

Quelques mois après, nous apprenons le rachat de la compagnie par un concurrent localisé à Toronto. C’est la douche froide. Nous comprenons très vite que nous sommes sur des sièges éjectables. Quelques semaines plus tard, à la fin de l’année 2015, je me retrouvais sans emploi.

 

À l’aube de mes 25 ans, je passais d’une situation confortable à l’instabilité. Ayant accumulé de l’expérience, je n’aurais eu aucun mal à retrouver un emploi dans cette branche.  Je décidai de prendre une pause d’un mois en Guadeloupe.

De réflexion en réflexion, ce break auprès de ma famille a porté ses fruits. Au Canada, les opportunités fleurissent dans tous les domaines. Il fallait que j’investisse à tout prix dans ce pays !

De retour dans mon pays d’accueil, je retrouve rapidement un poste équivalent à celui que j’avais précédemment. Il faut savoir que j’ai cherché un poste en Guadeloupe. Malheureusement, l’étroitesse du marché de l’emploi est tellement importante qu’il m’était quasi impossible de trouver un poste correspondant à mes qualifications.

 

 

 

 

Mes ambitions ne s’arrêtent pas là pour autant.  Ayant une appétence pour l’entrepreneuriat, je cherchais une excellente idée pour me lancer. Seul ou avec des collaborateurs, j’ai tenté plusieurs démarrages. Malencontreusement, les coûts financiers étaient très élevés, bien que les idées fussent viables et pertinentes. C’est finalement en octobre 2016, après quelques mois de gestation, que ma compagnie Chrono Univers est née. Un challenge qui m’a demandé d’investir la somme de 20 000 euros pour le lancement de la société.

Chrono Univers est une société spécialisée dans le chronométrage informatisé professionnel. Nous chronométrons des activités sportives. Courses à pied, triathlon, vélo et bien d’autres, nous accompagnons des organisateurs d’événements sportifs. Étant passionné par le sport, Chrono Univers est la parfaite alliance entre ma passion et mon métier.

Dans un futur proche, nous lancerons Chrono Univers en Guadeloupe. Comme je suis originaire de cette île paradisiaque, l’entreprise m’aidera à participer à l’économie guadeloupéenne. Les manifestations sportives ont pignon sur rue dans cette région et il est normal que nous nous y installions à court terme.

S’il est vrai qu’il est difficile de trouver un emploi en Guadeloupe, les opportunités entrepreneuriales ne sont pas en reste.

Je suis ambitieux. Et donc ambitieux pour l’île qui m’a vu grandir. C’est en vivant à l’étranger que je vois le potentiel de mes terres. De plus en plus de jeunes Guadeloupéens reviennent chez eux. Cette génération a décelé efficacement les ressources insoupçonnées de l’île. La Guadeloupe est devenue un vrai hub entrepreneurial. La montée en puissance des entreprises innovantes sur le territoire ne cesse de s’accroître et donne un nouveau ton à l’économie. J’apprécie fortement cette dynamique.

J’ai des projets plein la tête pour la Guadeloupe et le Canada. C’est pourquoi je travaille pour naviguer entre ces deux contrées qui ont participé  à mon évolution personnelle et professionnelle. Aujourd’hui, six années se sont écoulées. Grâce à mon cursus scolaire et professionnel, et mon investissement dans le pays, je suis désormais candidat pour obtenir la citoyenneté canadienne. Venir au Canada fut la meilleure décision de ma vie.

 

Pluton-Magazine/2017

Embarquement immédiat/2017

Crédit photos: Stecy Lancastre

Remerciements Davy Destouches 

Secrétariat de rédaction : Colette Fournier

©pluton-magazine.

 

Related posts:

Laisser un commentaire

*