Pluton Magazine
  • Accueil
  • Culture
    • Littérature
    • Arts
    • Cinéma
  • Savoirs
    • Philosophie
    • Société
    • Humanités
  • Vie
    • Santé
    • Sciences
    • Bien-être
  • Spectacles
    • Théâtre
    • Danse
    • Musique
  • Exploration
    • Voyage
    • Découvertes
    • Gastronomie
  • Boutique
Panier
0
0 Likes
Souscrire
Pluton Magazine
Pluton Magazine
  • Accueil
  • Culture
    • Littérature
    • Arts
    • Cinéma
  • Savoirs
    • Philosophie
    • Société
    • Humanités
  • Vie
    • Santé
    • Sciences
    • Bien-être
  • Spectacles
    • Théâtre
    • Danse
    • Musique
  • Exploration
    • Voyage
    • Découvertes
    • Gastronomie
  • Boutique
  • Non classé

L’avocat et son serment : étendues et limites

  • 13 septembre 2016
  • Pluton Magazine
Total
0
Shares
0
0
0

Vous le savez tous, l’avocat prête serment pour exercer sa profession. Mais en connaissez-vous les termes ? En connaissez-vous l’étendue ? Et les limites ?
Voici un tour d’horizon de situations auxquelles vous n’avez certainement jamais pensé …
Le serment de l’avocat est le suivant : « Je jure d’exercer ma profession avec conscience, dignité, indépendance, probité et humanité ». Belle profession de foi mais pas que … car elle entraîne aussi de lourdes responsabilités.
La conscience est celle de l’impact que nous avons sur nos clients, mais également sur les autres personnes. Il n’y a qu’à constater comment l’attitude des gens change dès qu’ils apprennent que nous sommes avocats :  certains vous regardent de travers, pensant que forcément, vous êtes « l’avocat du diable » ; d’autres en profitent pour vous demander des renseignements car ils ont un problème et veulent une séance de consultation gratuite ; enfin, si vous êtes une avocate, le bouquet final revient à la blague lourde et déplacée et à laquelle nous avons toutes eu droit un jour : « On dit Maître ou Maîtresse ? » !  Ah ! la conscience…
La dignité, quant à elle, nécessite que nous restions dignes en toutes circonstances : pas d’emportements, des réponses adaptées, un « self control » permanent et cela même si votre vie s’écroule à côté… non, toujours droit et digne, l’avocat, ne jamais montrer que nous avons aussi des problèmes, parfois, comme tout le monde, et que nous devons gérer en même temps que nous réglons ceux de nos clients. Ah ! la dignité …

L’indépendance nous permet de refuser des dossiers qui ne cadrent pas avec notre conscience (tiens, la revoilà, celle-là !) et donc de dormir bien mieux la nuit. Déjà que cette profession est source de stress, alors si en plus nous devions accepter tous les dossiers, même ceux qui nous heurtent, ce serait vraiment, mais vraiment insupportable. Alors, si le client a le libre choix de son avocat, ce dernier a aussi la possibilité d’accepter ou de refuser un client !  Ah ! la liberté …
La probité nous interdit d’avoir des comportements vénaux et nous oblige de suivre en tous points les droits et la morale. Mais nous devons gagner notre vie quand même, car elle est loin l’époque où les avocats étaient rentiers et ne devaient pas être rémunérés pour leurs prestations. Dans une société dont l’économie est la clef de voûte, il est impensable que l’avocat ne monnaye pas sa prestation intellectuelle et tout est une question d’équilibre et de … convention d’honoraires. Ah ! la probité …
Le dernier est celui que je préfère : l’humanité qui recoupe la compassion, voire l’empathie. Nous écoutons nos clients, nous essayons de répondre à leurs questions, nous tentons de les aider à gérer les conflits, voire à les dépasser et à trouver des solutions. En bref, nous sommes « des éponges » et absorbons tous les problèmes de ces derniers. Ils se déchargent de leurs soucis et de leur stress, en pensant que nous allons leur donner la solution miracle et que d’un coup de baguette magique, tous leurs problèmes vont se résoudre… Ah ! l’humanité, pas toujours simple … mais tellement riche.
Alors, de fait, vous comprenez bien que nos fins de semaine sont très souvent compliquées et que nous apprécions de voir le week-end approcher, moment où nous nous ressourçons pour pouvoir faire face à une autre semaine tout aussi chargée en émotions, en audiences, en rendez-vous.
Alors imaginez notre tête lorsque nous sortons d’un magasin, le samedi matin à 11 heures 30, après avoir acheté une paire de baskets au petit dernier pour qu’il fasse du sport à l’école, et que nous entendons le téléphone sonner, voyons un numéro que nous ne connaissons pas s’afficher, que nous répondons malgré tout, qu’il s’agit d’un client et qu’il nous dit : « Maître, vous m’avez reçu jeudi dernier, nous avons fixé un autre rendez-vous pour la semaine prochaine, mais je ne me rappelle plus si c’est mercredi ou vendredi que l’on se revoit… Vous pourriez me le dire ? »
 
Et c’est là que le serment prend tout son sens. La conscience me dit que ce n’est qu’un être humain, la dignité m’interdit de hurler, l’indépendance (elle n’a rien à faire à ce stade, donc on l’oublie), la probité m’interdit de facturer la conversation téléphonique surréaliste de ce samedi matin et l’humanité me susurre que le client doit être très très inquiet pour m’appeler un samedi matin sur mon portable pour une confirmation de rendez-vous.
Alors, je reste stoïque, prends ma respiration et annonce doucement, tout en rappelant que nous sommes samedi matin, qu’il n’y a aucune urgence puisqu’il n’est pas en garde à vue et que le secrétariat se fera un plaisir de lui répondre … lundi matin à partir de 9 heures !
Comme pour tout professionnel, le week-end, le portable de l’avocat est fait pour les URGENCES et chez nous, elles se définissent en une situation : LA GARDE A VUE.
Alors, permettez-moi une comparaison un peu triviale mais qui prend tout son sens : comme le cavalier ménage sa monture pour arriver très vite à sa destination, le client doit « ménager » son avocat pour que ce dernier se repose le week-end et arrive le lundi matin en forme olympique pour traiter ses dossiers et aborder la semaine… d’excellente humeur.
Par Maître Aurore Boyard.
                                                          
Aurore Boyard exerce la profession d’Avocat au barreau de Toulon depuis le 5 janvier 1998, date de sa prestation de serment devant la Cour d’Appel d’Aix-en-provence.
Elle se définit elle-même comme un Avocat de proximité, traitant d’affaires très différentes, même si elle est titulaire de diplômes en immobilier et contentieux.
Elle a publié aux Editions Fortuna Léa Lavocation  et  De l’avocation à l’avocature.
Crédit photo : Christophe Simon/AFP.
Secrétaire rédaction Colette Fournier

Accès Premium

Cet article est réservé aux abonnés

Abonnez-vous pour accéder à l'ensemble de nos articles Premium.

Accédez à tous nos contenus Premium :

✓ Lecture intégrale de tous les articles Premium

✓ Accès aux archives

✓ Nouveaux articles Premium chaque semaine

✓ Abonnement sans engagement

Abo Pluton Premium

Déjà abonné ? Connectez-vous
Total
0
Shares
Share 0
Tweet 0
Pin it 0
Pluton Magazine

Article précédent
  • Musique
  • Théâtre Danse Musique

Today’s young talents, tomorrow’s great interprets: A Sunday with Micah McLaurin

  • 11 septembre 2016
  • Pluton Magazine
Lire l'Article
Article suivant
  • Bien-être
  • Santé
  • Santé Sciences Bien-être

Le poisson, cet aliment roi qui a toujours la cote

  • 14 septembre 2016
  • Pluton Magazine
Lire l'Article
Vous devriez également aimer
Lire l'Article
  • Humanités
  • Non classé
  • Philosophie Société Humanités
  • Société

CHRISTIANISME, L’IRRÉVERSIBLE EXPANSION

  • AdminPLUTON
  • 1 avril 2026
Lire l'Article
  • Littérature
  • Littérature arts cinéma
  • Non classé

Once Upon a Time… « Ivre et Mourir  » de Michèle Jullian.

  • AdminPLUTON
  • 25 février 2026
Lire l'Article
  • Non classé
  • Philosophie Société Humanités
  • Société

L’image et le mot : entre art, communication et persuasion

  • AdminPLUTON
  • 10 février 2026
Lire l'Article
  • Humanités
  • Non classé
  • Philosophie Société Humanités

GROENLAND, LA GRANDE ÎLE CONVOITÉE

  • AdminPLUTON
  • 10 février 2026
Lire l'Article
  • Littérature
  • Littérature arts cinéma
  • Non classé

Once upon a time : « Ils venaient du Levant »de Georges Fayad.

  • Pluton Magazine
  • 28 octobre 2025
Lire l'Article
  • Musique
  • Non classé
  • Théâtre Danse Musique

(Guadeloupe). Premier concours international de violon Joseph Bologne

  • Pluton Magazine
  • 15 octobre 2025
Lire l'Article
  • Découvertes
  • Gastronomie
  • Non classé
  • Voyage
  • Voyage Découvertes Gastronomie

La lune d’automne, ou tsukimi

  • Pluton Magazine
  • 5 octobre 2025
Lire l'Article
  • Découvertes
  • Non classé
  • Société

Pluton Mag Agenda

  • Pluton Magazine
  • 23 septembre 2025
1 commentaire
  1. caroline dit :
    10 décembre 2017 à 10 h 25 min

    Bonjour ,

    Merci à vous pour cet article plein d humour et qui reflète tellement bien la réalité !

    Il me remet les idées en place , quant à ma relation avec mon Conseil .
    Avant notre dispute , ce dernier m écrivait les week-end , pendant ses congés annuels et même jusque tard le soir !

    Je peux affirmer qu’ il aime faire des heures supplémentaires ! (Lol)

    Je dois être chanceuse … Enfin je l étais , avant de dépasser les bornes …

    Ceci dit , en dix ans de » pratique » ( procédures interminables ) , il m arrive souvent de penser qu’ à travers cet univers impitoyable qu’ est la Justice , certains d entre vous sont encore humains …

    La déontologie de votre domaine vous impose énormément de restrictions , mais , finalement , ne pensez-vous pas qu’ elles deviennent très souvent insurmontables ?

    Dans l esprit des clients , tels que moi, lorsque nous frappons à votre porte , c est avant tout pour rencontrer un confident , un protecteur .

    Votre métier nous impressionne , et notre première idée est de penser que vous êtes vides de sentiments … Alors lorsqu il vous arrive de sortir de vos gonds , nous n attachons que peu d importance à cette déontologie , à ces critères de bien-séance que l on vous rabâche durant vos longues années d étude …

    Je me répète , nous attendons le soutien d un personnage humain , avec sa force et ses failles , parfois haut en couleurs …

    Bien à vous .

    Caroline

Laisser un commentaire

Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.

Articles récents
  • Siyaj, publier pour faire bouger les lignes.
    • 7 septembre 2026
  • Le Japon que je porte en moi
    • 6 septembre 2026
  • AUTORITÉ, POUVOIR ET DÉMOCRATIE, LE SUBTIL ÉQUILIBRE DE LA CINQUIÈME RÉPUBLIQUE
    • 3 septembre 2026
  • La poésie dans la musique antillaise.
    • 3 septembre 2026
  • IA : la musique générative la note qui fait débat
    • 3 septembre 2026
  • One upon a time : « Il attendait les pigeons » de Dominique Lancastre
    • 10 août 2026
  • SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE PLUS QU’UN PÈLERINAGE : UNE ÉTOILE DE BETHLÉEM
    • 14 mai 2026
  • BABA NYONYA ou les PERANAKAN
    • 10 avril 2026
  • CHRISTIANISME, L’IRRÉVERSIBLE EXPANSION
    • 1 avril 2026
  • Once Upon a Time : « Le Bain de Man Jeanne  » de Stécy Lancastre-Régent
    • 3 mars 2026

Souscrire

Souscrire à la newsletter

Pluton Magazine
  • Contactez la rédaction
  • Qui sommes-nous ?
  • Mentions légales
Explorer - Découvrir - Observer

Input your search keywords and press Enter.