Saint-Martin : toujours la Friendly Island des Caraïbes

Par Georges COCKS

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Saint-Martin panse toujours les blessures que lui a infligées l’ouragan Irma de catégorie 5, le 6 septembre 2017. La vie a repris son cours pour ses habitants. Leur authentique marque de sympathie et d’amabilité reste persistante. C’est l’une des choses que l’on ne peut leur retirer. Ici, le klaxon, c’est pour dire bonjour, le code de la route, c’est la courtoisie qui règle les lois, la patience est une qualité, et bien sûr, dans de telles conditions, les nombreux touristes qui y viennent se sentent à l’aise et ils aiment ça.

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L’économie se relance doucement, et comme pour tourner une page tachée d’encre, de nouvelles enseignes ont vu le jour, les zones d’activités commerciales sont encore plus cosy et les clients ne manquent pas. Il faut cicatriser par le renouveau.

Depuis le passage de l’ouragan, certains rideaux ne sont jamais remontés. À travers les carreaux couverts de poussière, on peut apercevoir ce qui reste des étals de bois pourri couverts de moisissures. Des mannequins nus, qui ont gardé la pose, sûrement redressés après l’inventaire des dégâts, sont les seuls prisonniers du temps, et d’un temps où les affaires étaient bien plus florissantes, et regardent passer les promeneurs qui ne croisent plus leurs regards.

Certaines toitures sont encore couvertes de bâches effilochées et déchirées par le vent. Que l’on se situe en partie hollandaise ou française, il y a des maisons témoins, fantômes décapités sans vie, et quelques épaves de voitures montent la garde comme des chiens de race.

L’île est petite. On a beau compacter ces milliers de voitures devenues inutilisables, il y a encore autant d’encombrants marqués d’une croix rouge qui attendent d’être enlevés. Ce sont des montagnes de ferrailles à traiter, sans compter le lot quotidien qui vient s’y ajouter suite à la démolition, et la reconstruction de certaines structures. Les deux décharges ont beaucoup de mal à absorber ces flots incessants d’ordures. Malgré tout, l’île est relativement propre.

La faune et la flore ont un mal fou à se relever. L’île étant peuplée à la base par des arbrisseaux et quelques grands arbres comme des tamariniers, nombre d’entre eux, déracinés, ont rendu l’âme. Desséchés, inclinés, ils se sont figés, déjà morts sans même le savoir. La mangrove des salines est par endroit un champ de bois flotté. Le sol déjà rocailleux ne vient pas en aide à cette maigre végétation qui disparaît sous les godets des puissantes pelleteuses. Celles-ci arrachent aux collines les derniers vestiges qui laisseront place à des villas luxuriantes.

Tous ceux qui aiment Saint-Martin y retournent et y retournerons encore autant de fois qu’il faudra, car l’âme de cette île est immortelle. Dans ses eaux translucides, où les enfants s’amusent à se jeter du haut des quais, les odeurs de barbecue de langoustes grillées, de poulets et de travers de porcs se moquent bien des embonpoints. Ils aiment tous ça. L’aventure à Saint-Martin s’arrête toujours quelque part, là ou vous l’avez désiré, et repart là ou vous l’avez souhaité. Un verre, un café, une croûte à casser à toute heure, à chaque instant, il y aura un comptoir pour s’y accouder et une friendly serveuse pour vous donner à manger avec le sourire.

Chaque dollar ou chaque euro dépensé ici a une grande valeur. C’est une participation active, une contribution volontaire et sociale envers un peuple qui ne sait pas ce que signifie renoncer mais sait rester debout. Vous serez toujours le bienvenu à SXM. La nationalité, depuis très longtemps, n’a pas de frontière sur ce bout de paradis posé sur l’océan, pas même ces frontières invisibles qui séparent les deux parties. Se côtoient Indiens, Pakistanais, Haïtiens, Dominicains, Chinois, Français… en toute harmonie. Les navettes maritimes maintiennent toujours le lien de fraternité entre ses deux petites sœurs : Anguilla et Saint-Barthélemy, deux belles perles irrésistibles. Ici, seul un changement de météo peut suspendre la socca ou le calypso que joue la radio, car le souvenir n’est pas près de s’oublier. En attendant, les couleurs chaudes vont à ravir, les couchers de soleil peignent toujours le ciel avec autant de féérie pour laisser place à la nuit magique,  qui ne veut jamais aller au lit pour un nouveau matin où le bleu du ciel et celui de la mer se livrent une concurrence sans merci.

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©Pluton-Magazine/2019/Paris 16eme

Photographies : Pluton Magazine

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Par Georges COCKS
Ecrivain- Editeur-Poète-Romancier
Rédacteur Pluton-Magazine
Site :
www.cocksgeorges.jimdo.com

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