Mathilde Bégarin : dans les pas de la virtuosité

Par Georges COCKS

Elle a 16 ans seulement, et voilà que le répertoire caribéen de la musique et des arts s’enrichit et accueille une talentueuse pianiste avec des ambitions déterminées. Prenons place à côté d’elle et laissons la symphonie envoûtante de ses doigts faire écho à ses mots.

Pluton Magazine joue pour vous le chef d’orchestre.

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PM : Quelle est l’histoire du piano dans la famille ?

J’ai commencé très tôt ma découverte de la musique. Dès l’âge de 4 ans, mes parents m’ont inscrite à l’éveil musical. Ensuite, j’ai commencé l’apprentissage du piano et de la formation musicale à 6 ans, orientée par mes parents, lesquels sans être musiciens, ont toujours été très mélomanes. Je dois avouer qu’au début, je n’ai pas été très enthousiaste de commencer le piano car je préférais la guitare. Cependant, dès ma deuxième année de pratique, j’ai vraiment accroché avec le piano. Cela ne m’a quand même pas empêchée d’obtenir une guitare et des cours pendant des vacances !

Mes parents ont eu la même démarche avec ma petite sœur Garance qui joue elle aussi du piano et qui chante.

PM : Comment conciliez-vous les cours et la passion ?

Mon professeur de piano Marlon Daniel m’a réalisé un programme de travail en fonction de mon emploi du temps du lycée. Les journées sont quand même très chargées, de même pour les week-ends et les vacances ! C’est parfois difficile mais depuis plusieurs années, j’apprends à optimiser au maximum mon temps. Et  puis étant déterminée à atteindre certains objectifs, cela ne me pose aucun problème, le sacrifice est toujours payant.

PM : Un pianiste que vous aimez ?

J’apprécie différents pianistes, mais si je devais en citer quelques-uns, je dirais : Martha Argerich, Nikolai Lugansky et Evgeny Kissin.

PM : Vous étiez récemment au pays de Sergueï Rachmaninov, pouvez-vous nous en dire plus ?

La Russie est l’expérience la plus marquante que j’ai pu vivre tant sur le plan musical qu’humain. C’était vraiment un autre monde ! Je me sentais vraiment libérée, car j’ai découvert une communauté qui exclut toute barrière liée à la langue ou à la culture. J’ai eu un  véritable sentiment d’appartenance dans ce pays où la musique classique est portée à l’excellence. J’ai même été sélectionnée au même titre que d’autres musiciens russes pour représenter l’école Gnessin lors d’un concert organisé au Yamaha Center.

Ma rencontre avec ma professeure de l’école Gnessin, Elena Berezkina, a été une étape importante dans mon approche de la musique. Je suis très fière et très heureuse de pouvoir y retourner l’été prochain.

PM : Jouez–vous d’autres instruments ?

Oui, je joue de la guitare classique et du Ka.

PM : Quels sont vos autres loisirs en dehors du piano ?

Pour développer mon bien-être intérieur, je pratique régulièrement du  sport : l’aïkido, je suis ceinture noire, et le footing. Je suis également très intéressée par l’aviation. Je détiens déjà mon Brevet d’initiation à l’aéronautique et je prépare ma licence de Pilote Privé.

PM : Une composition que vous aimez jouer ?

Mon œuvre préférée est pour le moment  la « Dumka » de Tchaïkovsky.

PM : Vous nous donnez rendez-vous pour une première, qu’est-ce que cela vous fait ?

Une première, c’est toujours un sentiment particulier : un mélange d’appréhension et d’excitation. Mais j’essaie de me préparer au mieux pour pouvoir donner le meilleur de moi-même.

Quel est votre rêve, Mathilde ?

Mon rêve, c’est de voyager à travers le monde à la recherche de personnes qui voudront bien m’écouter et apprécier ce que j’ai à leur donner musicalement. Et pour cela, je prépare des auditions musicales et scientifiques pour pouvoir poursuivre un double programme d’études de musique (concertiste de piano) et d’astrophysique dans plusieurs universités internationales dont Curtis Institute of Music, Columbia University, Harvard University, The Julliard School, Manhattan School of Music, New England Conservatory et Université de Montréal.

PM : Qu’aimeriez-vous changer de ce monde si vous le pouviez ?

Il y a trop de choses à changer pour rendre notre monde meilleur, mais je pense que chacun d’entre nous, nous pouvons le faire évoluer à notre façon, que ce soit avec la musique ou autre.

Mathilde grandit dans son univers polyphonique entouré de bons ténors à sa botte. Sa grande candeur auréolée par son talent juvénile promet des étoiles filantes blanches sous les noires qu’effleurent ses doigts, et son pied qui écrase la pédale forte pour embrayer la sourdine l’accélère tout droit vers le succès. Nous n’avons qu’un vœu à lui faire : briller comme l’étoile du Nord, comme tous les autres virtuoses antillais dont le piano réussit bien. Et qui sait, un de ces jours, la main sur le manche, elle vous annoncera l’imminence du décollage. Attachez vos ceintures !

Merci Mathilde !

Un rendez-vous à ne pas manquer, son premier CONCERT le Dimanche 19 avril 2020 au Ciné-théâtre du Lamentin.

« Mathilde et ses amis », le dimanche 19 avril 2020 à partir de 18 heures au Ciné-théâtre du Lamentin, pendant lequel, en plus de son programme en solo, Mathilde partagera la scène pour plusieurs duos avec différents musiciens professionnels venus la soutenir. En effet, la recette de ce récital servira à financer sa prochaine formation à l’école Gnessin de Moscou, où elle est à nouveau invitée en août 2020.

-Mathilde est invitée à participer au 12ème festival « Rencontres autour du piano », organisé par M Steve Nuissier du 5 au 12 juin 2020, pendant lequel elle se produira le mercredi 10 juin à la salle Georges Tarer de Pointe-à-Pitre.

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Rédacteur Georges Cocks

©Pluton-Magazine/2020/Paris 16eme

©Photos de M Jérôme Pfister

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Ecrivain- Editeur-Poète-Romancier

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