Par Professeur Albert James Arnold
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Le confinement que nous subissons plus ou moins intensément depuis le mois de mars a fait le bonheur des éditeurs de romans et mémoires liés aux pandémies. Cela est anodin. Étant donné que le Covid-19 risque de prolonger longtemps notre isolement, je me permets de noter ici quelques réactions personnelles. Elles tracent une courbe allant du simple au complexe et de l’allégorique à la docufiction romanesque. Si les lecteurs en France et en Italie se sont rués sur La Peste d’Albert Camus (1947) dans les premiers mois de confinement, c’est que ce roman identifie un mal universel par des traits simples et multipliés. Roland Barthes en 1955 a opiné que La Peste comportait « comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme » et c’est effectivement de cette façon que ma génération avait lu ce roman. Cette caractéristique explique à la fois sa popularité de nos jours et les limites de son efficacité à stimuler l’esprit du lecteur devant une maladie physique bien réelle.
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