Par Islam BELALA, Doctorant en Philosophie
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La pratique de la philosophie n’est pas une activité anodine. Le début de la philosophie ne réside pas dans l’élaboration d’un problème technique dans le domaine ontologique, métaphysique ou théologique pour apporter des réponses habiles et ingénieuse. Aristote l’avait bien compris. « Tous les humains ont par nature le désir de savoir[1] », toujours est-il que le désir de savoir naît bien d’un constat. La précision aristotélicienne dans la Rhétorique est pertinente puisque le « fait d’apprendre et le fait de s’étonner sont choses plaisantes, dans la plupart des cas, car dans l’étonnement réside le désir d’apprendre, si bien que l’étonnant est désirable, tandis que dans le fait d’apprendre il y a rétablissement dans l’état naturel[2]. » L’exercice de la philosophie c’est donc, dans un premier temps, l’étonnement. Se rendre compte que quelque chose ne va pas de soi est la prémisse de la philosophie ou du désir de savoir suivant le mot du stagirite.
S’étonner pour savoir n’est pas une fin en soi, en tout cas chez les anciens Grecs. Tout le savoir grec et tous domaines confondus, que ce soit poétique, mythologique, physique, philosophique ou sophistique… ils n’ont qu’un seul but, en définitive : la παιδεία, l’éducation[3]. C’est en ce sens que la philosophie antique n’est pas « intellectuelle » mais pratique dans la mesure où l’activité philosophique s’apparente à un exercice d’ordre moral pour vivre alors pleinement sa condition d’homme en harmonie avec les dieux, le monde et l’ensemble des êtres vivants[4]. Ainsi, les sectes philosophiques ne proposent que des programmes différents conduisant en somme à la même fin, être vertueux. Dans le présent texte, on abordera la philosophie morale de Platon, c’est-à-dire la branche de la philosophie qui s’interroge sur ce qui fait la vertu d’un homme. L’originalité platonicienne réside dans le fait que l’ἀρετή, disons l’excellence pour le moment, ne s’enseigne pas. L’étonnement réside en fait dans cette posture plutôt paradoxale qui consiste à vouloir transmettre la vertu sans pouvoir l’enseigner. Pour répondre à cette question, il est important dans un premier temps de définir l’excellence ou la vertu du point de vue grec en général et du point de vue platonicien en particulier. Ceci nous permettra alors de mieux apprécier les apports platoniciens en termes de philosophie morale et de l’éducation de l’âme en comparaison avec les sophistes. Enfin, tous ces éléments abordés et explicités, on dressera le schéma moral de Platon qui permet, suivant les visions platoniciennes, d’atteindre la justice.
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