[Tribune]. CLIMAT : le retour en force du bâton

Par Georges Cocks

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En septembre 2006, c’était la grande consternation. L’appauvrissement de la couche d’ozone était dans l’inquiétude de tous. Les chlorofluorocarbures (CFC) largement utilisés dans les bombes aérosol, les systèmes de réfrigération et de conditionnement d’air ont fait un trou béant dans la couche d’ozone de la stratosphère. Depuis, en 2015 s’est tenu à Lyon le sommet mondial sur le climat et les territoires, une conférence internationale dont le but était d’unifier à l’échelle mondiale les politiques publiques conduites par les collectivités et des acteurs non étatiques en matière de lutte contre le changement climatique. Quel bilan peut-on en faire ?

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Un constat lamentable

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Nous sommes en juillet 2022, une sécheresse et une vague de chaleur consument une partie de la planète alors que des inondations sèment la mort un peu partout à l’opposé. Ce qui est regrettable, c’est l’inaction des pouvoirs alors qu’ils devraient agir suite à la sonnette d’alarme que tirent les scientifiques quant aux effets irréversibles qui se profilent depuis longtemps à l’horizon. Depuis les années 80, les ouragans sont devenus  de plus en plus majeurs et fréquents. Sur les années 82-83 et 97-98, les évènements comme El Nino se sont avérés particulièrement intenses. Ces évènements modifient considérablement la zone de convergence du Pacifique Sud avec des conséquences dramatiques sur les écosystèmes, l’agriculture, les feux de forêt et l’activité cyclonique.

Nous vivons sur cette planète comme si nous étions l’espèce la moins évoluée, qui n’est pas capable de comprendre la conséquence de ses actes et qui ne sait pas quand il est temps de dire stop avant qu’il ne soit trop tard. À trop vouloir tout résoudre à coup de maigre budget pour tirer des profits colossaux à court terme, nous maintenons une dégradation contrôlée et assistée de notre environnement au lieu de le soigner, ce qui est pourtant contraire à toute logique humaine. Si notre maison brûle, nous éteignons l’incendie. On ne se dit pas qu’on laisse progresser le feu d’un centimètre par mois. Or, c’est ce que nous faisons avec notre grande maison dont nous avons besoin pour vivre. Un jeu de dupe ou les seuls trompés, ce sont nous -mêmes.

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Un facteur crucial

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Nous n’allons pas rééditer notre article déjà consacré à la croissance mondiale mais seulement rappeler que c’est le point névralgique de tous nos maux, quels qu’ils soient. Créer ce dont nous n’avons pas besoin, gaspiller, pousser à la surconsommation… sont des actions suicidaires qui alimentent le dérèglement mondial de la planète. Le déni dans lequel nous nous trouvons est très profond puisqu’il nous empêche de regarder la réalité en face, ou, peut-être c’est une volonté que préserve une minorité dont l’ascendance sur le monde pèse de plus en plus lourd. Elle a su nous convaincre habilement que nous avons besoin de tout ce qu’elle propose, et nous y avons cru. Nous en sommes tellement persuadés que nous la défendons sans comprendre ses aboutissants. Le progrès a été estampillé dans notre subconscient comme étant la solution à tout. Pourtant, la plus grande partie de notre progrès mène au désastre.

Même le progrès de la médecine, nous ne l’exploitons pas à son maximum pour valoriser la vie et permettre à tous sans exception d’accéder à un système de santé performant. Les inégalités dérangent peu, tant que c’est ailleurs, pourtant on prône une adhésion mondiale de lutte pour la santé. Alors, la question véritable à se poser honnêtement est : voulons-nous continuer à vivre dans notre rêve idéal d’une utopie de vie meilleure basée sur de l’artifice ? Si oui, alors il ne faut pas se plaindre et abîmer la terre par notre égoïsme incessant et nos jérémiades reptiliennes.

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La solution

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Tout problème a une solution. La résolution sera conséquente au regard de l’étendue du laisser-aller. Elle sera plus ou moins facile ou difficile et tout dépendra de la volonté qu’on voudra y injecter. La solution ne viendra pas par ceux qui fournissent l’arme du crime, mais les fantassins peuvent décider de ne pas faire cette guerre et c’est là que se trouve la solution. Elle doit être collective avec comme effet de sanctionner tous les acteurs du déséquilibre climatique. Il faudra accepter de quitter sa zone de confort pour l’intérêt général, la préservation de la vie. La méconnaissance de nos actions et de leurs impacts sur notre environnement nous empêche d’avoir une vision objective et équilibrée pour prendre des décisions qui soient éco responsables.  Refuser et repousser le consumérisme poussera les industriels à s’adapter à une nouvelle forme de penser durable. Refuser le gaspillage en faisant don de ce que nous avons de trop nous évitera d’entrer dans un processus d’achat. User ce que nous avons avant d’acheter à nouveau. Réparer avant de jeter. Considérer tout objet manufacturé comme ayant déjà porté une atteinte à notre environnement. Les actions collectives et individuelles ne coûtent pas. Bien au contraire, elles enrichissent, elles sont profitables.

Les consommateurs doivent se rendre aussi à l’évidence qu’ils sont les derniers maillons de la chaîne mais qu’ils sont responsables de la destruction de notre environnement. Ils sont accusés par ceux-là mêmes qui leur donnent la possibilité de contribuer au désastre. En définitive, ils sont toujours soumis à des taxations en tout genre de nature environnementale (écotaxes, éco participation…). C’est une attitude irresponsable et lâche des pouvoirs politiques qui vont jusqu’à sanctionner les citoyens pour des faits dont ils ne sont pas responsables.

Il est bon pour l’économie que les foyers dépensent et s’équipent. Le poumon économique respire bien, l’indice de croissance est au meilleur de sa forme. Creuser des piscines, acheter des plantes, du gazon… cela rapporte, et quand il n’y a pas d’eau, il suffit de demander aux gens de fermer le robinet pour une eau qui ne leur est pas offerte. Ils la payent. Le contrat ne contenait pas de clause au départ.

Les agriculteurs aussi sont sommés de fermer le robinet. Ils ne gaspillent pas par plaisir. La perte qu’ils auront ne sera jamais compensée à la hauteur réelle du bénéfice. Nous ne pouvons qu’en appeler à la prise de conscience, non des consommateurs avant tout, mais des garants qui se sont engagés à préserver notre environnement. La performance ne devrait plus être de nature économique mais écologique. Les indicateurs de croissance, les valeurs boursières devraient devenir les valeurs de référencement et de nivellement vers le haut. Nous savons tous que c’est une utopie, un rêve qui ne se réalisera point car le seul destin et la seule fin de ce monde sont liés au profit et non à la vie, or la vie est nécessaire et indispensable au profit. N’y a-t-il pas là comme un non-sens ?

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Si nous avons conscience que notre simple accoutrement journalier peut remplir plusieurs piscines avec le nombre de litres d’eau utilisés pour sa fabrication, nous réagirons autrement.

Si nous sommes conscients que nos gadgets ne sont que la satisfaction de nos égaux et entraînent la ruine de la terre, nous les adulerons sûrement moins.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) conclut, dans son rapport publié le 9 août 2021, que le climat est en train de changer partout dans le monde et plus rapidement que prévu. Même en limitant le réchauffement climatique, les catastrophes naturelles devraient se multiplier. Les prévisions climatiques sont très pessimistes et accablantes.

Mais que ferons-nous à votre avis, encore des discours ?

Si rien ne peut arrêter la folie de l’Homme, rien n’arrêtera la furie de la terre et nous ne sommes pas préparés à sa colère ardente. La terre ne mourra pas, mais nous faisons mourir tous les êtres vivants de la terre.

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Rédacteur Georges Cocks

©Pluton-Magazine/2020/Paris 16e

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Par Georges COCKS
Écrivain- Éditeur-Poète-Romancier

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