Îles de Brissago

Les deux petites Îles de Brissago (Isola Grande et Isolino) sont situées à 46° 08′ N et à 08° 44′ E, dans la partie suisse du lac Majeur. Elles sont les pointes émergentes de la ligne de partage des eaux entre les vallées du Tessin et de la Maggia, ligne qui existait avant la formation du lac.

Née en Russie en 1856, la baronne Antoinette de Saint-Léger est probablement la fille naturelle du tsar Alexandre II de Russie. Elle acheta en 1885 ces îles rocheuses et arides.

Son mari, homme très amoureux et passionné de botanique, la seconda dans la transformation de la plus grande des îles en un jardin exotique.

Ensemble, ils commencèrent par apporter de la bonne terre et du fumier. Ils plantèrent les premiers arbres exotiques qui étaient des Eucalyptus viminalis et des palmiers. Ensuite ils acclimatèrent dans leur parc une multitude d’espèces sub-tropicales et méditerranéennes.

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Un des Eucalyptus viminalis planté par la baronne. Il a dû être abattu vers la fin de l’année 2015, parce qu’il était devenu trop instable et dangereux.

Le mari fatigué et découragé par l’activité de sa femme, quitta les îles en 1897. Quelques années plus tard,  leur fille Joan s’en alla aussi. La baronne se consola de sa solitude en accueillant toujours plus d’hôtes, peintres, musiciens, écrivains…

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Maison des Saint-Léger.

En 1927, après l’échec de nombreux investissements, la baronne de Saint-Léger fut obligée de vendre les îles à un riche marchant allemand, Max Emden. À partir du 1940, elle vit aux dépens de l’assistance publique du canton du Tessin jusqu’à sa mort, survenue à Intragna le 24 janvier 1948.

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Palais Emden bâti en 1949.

Max Emden démarre de suite la démolition de la Maison des Saint-Léger, des vestiges d’une vieille église et d’un petit couvent pour faire place à un somptueux palais de style néoclassique. Il fera bâtir aussi un port assez luxueux ainsi qu’un espace de détente et de repos, séparé par des murs du reste du parc, appelé « Bagno romano », doté d’un « Belvédère » que le chancelier allemand Konrad Adenauer considère comme l’un des plus beaux d’Europe.

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« Bagno romano » avec piscine en marbre, décorée par un nu féminin, un « belvédère » ouvre la vue vers Ascona.

La flore originale de « l’Isola Grande » fut dans l’ensemble respectée et même enrichie et renforcée.

Max Emden accueillit dans son île bien des personnalités célèbres, familiers du faste et des plaisirs, comme  des banquiers, des actrices de théâtre, des musiciens, des  écrivains, voire des altesses royales comme le Roi du Siam et l’Aga Khan.

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Le port d’accès à la propriété d’Emden.

Max Emden continua à diriger ses affaires depuis les îles jusqu’à sa mort, survenue dans une clinique de la région en 1940.

Son fils Hans Erich Emden, qui vivait avec sa mère à Santiago du Chili, hérita de  » l’Isola Grande » et de « l’Isolions ». Malheureusement, il ne trouva pas ces îles intéressantes, les abandonna et un fidèle domestique s’y établit pour les surveiller et les entretenir.

En 1949, Hans Erich Emden vendit les îles à trois communes limitrophes (Ascona, Brissago et Porto-Ronco), au canton du Tessin et à deux associations (Pro Natura et Patrimoine Suisse).

Quelques mois plus tard, les nouveaux propriétaires signèrent un accord qui entérinait la naissance du « Parco botanico del Cantone Ticino« , statua que la propriété devait être destinée exclusivement à des buts de conservation et de vulgarisation des sciences naturelles, et interdit toutes spéculations immobilières, financières ou installation de casinos, de discothèques ou de stations balnéaires …

Le 2 avril 1950 le parc botanique fut ouvert. Les visiteurs ont ensuite toujours eu accès au jardin botanique pour une période allant de mars à octobre.

Le Palais Emden propose des espaces pour séminaires, conférences et réunions en plus d’un laboratoire scientifique et de chambres à louer. Au premier étage, un restaurant propose aux visiteurs une restauration mais aussi des banquets somptueux.

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Mai 2015, les Echium des Canaries attirent l’admiration des visiteurs.

Dans le jardin sont cultivées environ 1700 espèces, issues des zones climatiques méditerranéennes (bassin méditerranéen, Chili, Afrique du Sud, Australie du Sud et de Ouest et Californie) et des zones au climat subtropical humide (en particulier celles de l’Asie, mais aussi du Nord et du Sud de l’Amérique et de l’Océanie).

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Protea cynaroides, plante nationale de l’Afrique du Sud.

Le parc couvre une surface de 2,5 hectares, subdivisées en plusieurs zones géographiques : Méditerranée, régions subtropicales asiatiques, Afrique australe, Amérique septentrionale, centrale et méridionale, Australie et quelques îles d’Océanie, il est constamment enrichi de nouvelles espèces.

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Caliandra tweedii une fabacée originaire de l’Amérique du Sud.
Franklinia alatamaha
Franklinia alatamaha de la famille des théacées, originaire du Sud des États Unis (Georgia), cet arbuste n’existe plus en nature.
Bauhinia yunnanensis
Bauhinia yunnanensis originaire de la Chine.
Cistus ladanifer
Cistus ladanifer, une cistacée originaire de la Méditerranée occidentale (Espagne, Portugal, Sicile, Algérie, Maroc). Feuilles et tige sont recouvertes par une résine parfumée, riche en huiles essentielles, lesquelles sont traditionnellement utilisés en parfumerie comme fixateur.

Sites ou pages web dédiés aux Îles de Brissago

 

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