Connaissance du Monde : sur les chemins de l’image, de la conférence et du partage

 

 

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Cdt Charcot
Cdt Charcot

C’est une vieille histoire, une belle histoire qui commence le 4 février 1936, salle Pleyel à Paris, quand le commandant Jean-Baptiste Charcot et Paul-Emile Victor projettent, devant un public parisien venu nombreux, des photos gravées sur verre et le film de leur expédition faite entre 1934 et 1935,  « Exploration au Groenland ». Ce sont des pionniers, des explorateurs comme on dit alors, qui s’en viennent commenter sur scène leurs images. Le succès est foudroyant, le public ressort complètement envoûté.

 

 

L’idée est venue d’un homme à l’esprit visionnaire, il s’appelle Camille Kiesgen et travaille en tant qu’impresario de musiciens dans le bureau de son père, où il rencontre un jour ces grands explorateurs de l’époque. L’étincelle jaillit : « Et si vous veniez montrer tout ça aux parisiens ? » Camille demande ensuite à ses confrères impresarios de province d’organiser des tournées dans les grandes villes de France. Et après une interruption due à la guerre, 1945 sera l’année du vrai départ d’une très longue aventure qui dure encore depuis tout ce temps !

 

Des terres glacées, jusqu’aux redoutables déserts.

 

Les aînés se souviennent de ces photos en noir et blanc, comme du film où l’on voit le bateau du docteur Charcot, le « Pourquoi pas », au milieu des glaces et que les archives nous redonnent aujourd’hui aisément ; tous ceux qui rêvent ensuite d’expéditions lointaines, qui s’identifient à Saint-Exupéry ou à Tintin… vont devenir pour certains les compagnons de ce qui s’appellera bientôt Connaissance du Monde.

Quand Jean Charcot décède, en septembre 1936, peu après cette « première » parisienne, c’est Paul-Emile Victor qui prend la suite de ce concept de conférence-témoignage qui perdure aujourd’hui sous le slogan « Sur scène le réalisateur, à l’écran son film ». C’est ainsi que les plus grands explorateurs du XXème siècle monteront à la tribune de Connaissance du Monde, des noms célèbres comme, en 1950, Roger Frison-Roche qui nous emmène le premier dans sa caravane, en route pour les « Mille kilomètres dans le Grand Désert » : c’est l’un des tout premiers films en couleur.

 

Paul Emile Victor
Paul Emile Victor

1951 met à l’épreuve les conditions physiques des spectateurs des ciné-conférences, comme on commence à les appeler, quand Paul-Emile Victor les conduit à la tête des expéditions polaires françaises « A la découverte de la Terre Adélie », et Haroun Tazieff, au bord des volcans « Au milieu des cratères de feu ». Quel choc pour les spectateurs sidérés par l’intrépidité de ces scientifiques qui osent et par la beauté fulgurante de leurs images !

 

rajasthan_richesse_de_l_indeEt les projections vont s’enchaîner rapidement, des ciné-conférenciers venant grossir l’équipe ; plus de cent localités seront concernées à travers toute la France, puis la Suisse, la Belgique, le Canada plus tard. On ira même jusqu’en Afrique, dans l’Océan Indien, aux Antilles-Guyane… Aujourd’hui, plus de quatre cent cinquante salles les accueillent en France métropolitaine. Aucun des spectateurs inconditionnels de toujours n’a oublié ces hommes du défi, de courage, tels Vitold de Golish sur les routes de l’Inde, Jean Raspail et Guy Morance en Alaska, Maurice Herzog dans l’ascension de l’Annapurna, Samivel dans la magie de ses découvertes en Inde ou encore Alain Bombard dans son naufrage volontaire pour prouver que la survie est possible en mer…

 

La plus belle des rencontres avec le monde.

 

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Petit à petit, Connaissance du Monde est devenue la plus grande organisation de conférences filmées au monde, en soixante-dix ans et plus, elle a sillonné les cinq continents, les océans infinis, mais aussi la stratosphère avec le premier cosmonaute français dans l’espace : Jean-Loup Chrétien. Certes, les télévisions – à la différence d’hier quand elles n’existaient pas encore – nous montrent de très belles images, au demeurant, une sélection Connaissance du Monde permet aux téléspectateurs de TV5 de profiter de certains grands moments de dépaysement,  mais CDM repose sur ce concept très fort du « partage » sur scène avec le conférencier qui peut ainsi prolonger les images et répondre aux questions qu’elles suscitent. Dans une société où l’information est souvent traitée dans l’immédiateté, sans parfois suffisamment de distance, les réalisateurs, ici, prennent le temps de la rencontre et apportent au-delà du spectaculaire ou de la dimension touristique, des témoignages à dimension humaine.

 

 

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Jean-louis-Mathon-cine-conférencier /Emmanuel-Braquet-cine-conférencier

 

Chaque année, 6000 ciné-conférences sont ainsi programmées en France et les spectateurs sont plus d’un million par an, en intégrant les groupes scolaires, les comités d’entreprises et les 20.000 abonnés, à occuper les sièges des salles dans 680 villes où se font les projections de CDM. Il y a eu, en près de soixante-dix ans, plus de 100 millions de spectateurs !

« Partir au bout du monde puis revenir raconter, à l’aide d’un film, ce que j’avais vu. Voilà un métier qui me faisait rêver et qui donnait du sens à ma vie » (Patrick Mathé, conférencier à CDM) ;

« Le ciné-conférencier amène un témoignage direct et vivant, élément anachronique mais rassurant, à une époque où le virtuel prend un pouvoir humainement inquiétant » (Michel Aubert).

 

Jean-Louis LORENZO

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Connaissance du Monde

Photo présentation: Emmanuel Braquet/Cambodge

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