Francis Wolff et Maurizio Bettini: Deux « Lumières » au Bristol

12193646_422714154586486_1253509034728009166_nLe prestigieux Prix Bristol des Lumières, qui met à l’honneur, chaque année, l’auteur d’un essai philosophique, politique ou de société, écrit en langue française, auquel  s’adjoint depuis l’année dernière la catégorie de «  l’essai étranger », a couronné  cette année l’anthropologue italien Maurizio Bettini, professeur de philologie classique à l’université de Sienne,  pour son ouvrage,  l’Éloge du polythéisme,  et le philosophe  Francis Wolff, professeur émérite à l’École normale supérieure, de la rue d’Ulm,  pour son  essai, Il n’y a pas d’amour parfait.

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Maurizio Bettini , Francis Wolff et Jacques Attali

Deux  réflexions  nouvelles, voire polémiques, sur notre temps, dans la tradition de l’esprit critique, des libertés et de l’humanisme du XVII° siècle.

eloge-du-polytheismeMaurizio Bettini, qu’il est difficile de situer (est-il philologue-historien  ou latiniste ?) a rédigé un essai qui fait débat en Italie car parler « polythéisme », dans un pays où les monothéistes ne croient pas « pouvoir apprendre quelque chose des religions païennes », est hasardeux, voire provocateur .Pourtant, mettre en lumière les potentialités (réprimées) du polythéisme, donner voix aux réponses que son mode spécifique d’organisation du rapport avec le divin pourrait fournir à certains problèmes auxquels les religions monothéistes – comme nous les connaissons dans le monde occidental ou à travers lui – peinent à trouver une solution, est essentiel. On peut comprendre que tout cela ait créé  des conflits religieux, avec pour corollaire l’hostilité,  la désapprobation, l’indifférence qui entoure encore, aux yeux des « uns », les divinités honorées par les « autres ». Guerre de religion,  guerre de civilisation : « On n’en est pas loin, nous  dit l’essayiste, qui en parle en ces termes :

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Maurizio Bettini

 « Les monothéismes envahissants ont inscrit en nous de telles habitudes de pensée qu’on finit par les considérer comme des vérités extérieures, ce faisant elles nous ont dissimulé plus qu’on ne l’imagine habituellement quelques différences fondamentales des polythéismes ; parce que, simplement, notre investissement intellectuel a été insuffisant ; mais la raison qui me semble la plus importante gît dans cette constatation : on s’est plus intéressé aux dieux qu’au polythéisme proprement dit. »

Alors, serait-il possible de promouvoir certaines attitudes mentales pour rendre plus sereines les relations entre les religions ? La réponse est dans cet essai qui n’est autre qu’un vibrant plaidoyer en faveur de la curiosité religieuse.

L’autre lauréat,  le philosophe  français Francis Wolff,  nous conduit cette année  sur les chemins de l’amour. Dans son essai Il n’y a pas d’amour parfait, paru chez Fayard, il tente de définir l’amour à travers les notions de passion, d’amitié et de désir.

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Francis Wolff- Jean Jacques Seymour-Francis en interview

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Francis Wolff-Géraldine Muhlmann(jury) François de Closets(jury)- Francis Wolff

il-n-y-a-pas-damour-parfaitSon  livre s’inscrit dans une lignée de livres de philosophes sur l’amour sortis ces dernières années. Wolff ouvre son essai avec cette phrase : « L’amour est redevenu un sujet pour philosophes. », et il nous parle de  « L’amour qui  permet de voir l’autre avec sollicitude, bienveillance et compassion. Qui  se rattache ainsi à l’altruisme dans la mesure où l’on devient sincèrement concerné par le sort d’autrui et par son propre bien, à l’attachement possessif  qui étouffe la résonance positive. Ne pas nourrir de tels attachements ne signifie pas que l’on aime moins quelqu’un, mais que l’on n’est pas préoccupé avant tout par l’amour de soi à travers l’amour que l’on prétend porter à l’autre. »

Et Francis Wolff de conclure  :

« C’est parce qu’il est de nature hétérogène, donc instable, qu’il est le moteur tout-puissant de tant d’histoires, grandioses ou banales, dans les littératures universelles et dans nos vies ordinaires. »

Cette année encore, le prix Bristol  a été attribué à la suite d’une délibération entre les membres du jury, retransmise en direct sur France Culture, dans l’émission Du grain à moudre, produite par Hervé Gardette.

Galerie photos Prix Bristol des Lumières 2016 

Tous droits réservés Pluton-Magazine/2016

Jacques Attali Président du Prix Bristol des Lumières

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Séance photo presse- Catherine Hodoul -Baudry -direction des ventes/marketing  /Le Bristol , Francis Wolff , Jeanne d’Hauteserre maire du 8e arrondissement de Paris et Maurizio Bettini , lauréat étranger à droite

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Jacques Attali-Maurizio Betti et Jean Jacques Seymour

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Jacques Attali et Francis Wolff

Délibération du jury en direct sur France Culture au Bristol Paris

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Karine ZIMERAY épouse de son son Excellence Mr l’Ambassadeur de France au Danemark et André Bercoff, membre du jury-Maurizio Bettini et Jean-Jacques Seymour

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Maurizio Bettini (lauréat 2016) – Francis Wolff (Lauréat 2016)

Reportage Jean-Jacques Seymour

Secrétariat rédaction: Colette Fournier

Photographe: Romain Nicolas

Copyright: Pluton-Magazine/2016

Remerciements: Le Prix Bristol des Lumières – Le Bristol Paris

eloge-du-polytheismeMaurizio Bettini

Éloge du polythéisme
Ce que peuvent nous apprendre les religions antiques
Editions Les Belles Lettres
Traduction de l’italien par Vinciane Pirenne-Delforge

 

 

il-n-y-a-pas-damour-parfaitFrancis wolff

Il n’y a pas d’amour parfait

Fayard

 

 

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