Dragon’s lady artiste et coach.

 

Guiseberte Landry aka Dragon’s Lady est née en 1973 à Sainte-Anne, en Guadeloupe. Elle a 2 ans lorsque sa mère décide de quitter l’île avec ses 6 enfants, pour rejoindre la métropole et s’installer à Épinay-sous-Sénart, en région parisienne. Un portrait réalisé par Grégory Alcan pour Pluton-Magazine.Vidéos Rossy de Palma, Clotilde Courau

logopluElle débute la gymnastique artistique dès l’âge de 5 ans. En 1981, alors âgée de 8 ans, Guiseberte est repérée par un entraîneur grâce à ses qualités physiques, techniques et psychologiques et intègre un club de gymnastique artistique très célèbre pour y avoir formé de nombreuses championnes internationales.
Guiseberte s’entraîne 16 heures par semaine tout en suivant une scolarité traditionnelle. Elle reçoit de nombreux apprentissages qui lui confèrent le flegme nécessaire pour faire face à la concurrence omniprésente entre les gymnastes du centre, mais aussi pour désamorcer la pression exercée par les fortes implications physiques et intellectuelles qu’exige la pratique de la gymnastique de haut niveau.
Dans les années 80, peu nombreuses sont les « noires » qui pratiquent des disciplines artistiques de haut niveau et tout particulièrement, la gymnastique Artistique. Durant ses 6 années passées à s’entraîner au club, Guiseberte subit les brimades raciales de ses partenaires d’entraînement et le manque de considération de son entraîneur. À 14 ans, elle décide de mettre un terme à sa courte carrière de gymnaste de haut niveau. Les responsables du centre tentent en vain de l’en dissuader.

 

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Cette première aventure sportive lui permet d’une part de comprendre que les expériences « concrètes » sont capitales pour pouvoir éprouver pleinement son potentiel et d’autre part, de saisir que l’on ne peut construire une carrière de façon pertinente, dans le domaine que l’on affectionne, qu’en cumulant des expériences « conscientes ».

De nature optimiste et aventureuse, Guiseberte décide à l’adolescence de partir à la conquête d’elle-même à travers sa deuxième passion insufflée par son frère : la danse. Pour ce faire, elle explore la culture hip-hop sous presque toutes ses formes : elle se perfectionne dans les différents styles de danse, elle se cogne contre des skinheads dans les banlieues du 77 et du 91, elle répète ses chorégraphies avec son crew sur la place carrée des Halles-Paris, elle fait des scènes dans la salle de spectacle parisienne – Le divan du monde. C’est aussi à cette période qu’elle va adopter le style « ethnico -sportif » qui la définit encore aujourd’hui.

En 1995, forte de ses expériences artistiques, elle décide de ne pas aller au bout de son bachelor de sociologie à l’université de Cambridge et choisit de s’investir entièrement dans sa carrière d’artiste : Dragon’s Lady est née.

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Entre 1999 et 2002, elle est engagée sur la tournée internationale du spectacle « MACADAM MACADAM », au sein de la compagnie Bianca Li. En collaboration avec son amie, la comédienne Rossy de Palma, elle crée, en 2004, l’entreprise KOMPASSION KONCEPT qui a pour objet de concevoir et mettre en œuvre des projets artistiques. Elle organise de nombreux After-show et des show-case d’artistes tels que Raekwon du Wu Tang Clan en 2004, Akon à Madrid en 2005, Busta Rhymes en 2008. En 2013, elle intègre l’équipe de la direction artistique de l’album « BRUJA » de La Mala Rodriguez, nommé meilleur album urbain au Latin Grammy Award, à Las Vegas. Mais c’est surtout à partir de 2007 que Dragon’s lady développe des compétences dans le coaching d’artistes de renommée internationale tels que son amie la comédienne Clotilde Courau, en 2011, pour la préparation du spectacle « l’Insoumise » au théâtre de Neuilly, ou encore de jeunes talents comme les médaillés d’argent 2015 des Worlds Championships of Performing Art, à Los Angeles, dans les catégories Vocal Group, Rap vocal groupe et team contest : the REALZ MAD.

( Marie, Anissa et Daif sont les 3 membres du groupe. Leurs influences et styles musicaux sont la pop, le rap, le hip-hop, la new soul expérimental, à l’image d’une d’Erikha BADU dont ils sont fans. Leurs couleurs musicales sont le rythme, l’harmonisation, la prosodie, les modules, le belt, mais surtout leur capacité à unir leurs voix pour n’en créer qu’une seule, ronde et chaleureuse. Ils aiment se réapproprier des titres célèbres a cappella mais surtout ils travaillent actuellement sur un 7 titres en format EP et ont tourné le premier clip de leur premier single « I Got It ». )

À travers ses enseignements, Guiseberte libère le potentiel des artistes. Elle les invite à mieux se connaître en observant comment ils s’expriment, pensent et se conduisent avec autrui. Pour y parvenir, elle utilise le sport et la danse comme supports dans ses coachings et amène les artistes à se dépasser mais surtout à dissocier leurs identités, c’est-à-dire le « Soi » (sujet de vérité), de leurs personnalités qui se construisent et s’entretiennent comme un corps de sportif et qui sont largement influencées par la mode, les opinions et l’instant.

Rossy de Palma, jury du festival de Cannes en 2015, est à l’affiche de « Julieta » du réalisateur Pedro Almodóvar. La comédienne nous décrit l’ancienne sportive de haut niveau et artiste : Guiseberte Landry aka Dragon’s Lady.

Dragon’s Lady se réfère toujours à son expérience de gymnaste de performance mais aussi à ses savoirs scientifiques. C’est par l’exercice qu’elle réussit à encourager les artistes à se dépasser dans leur art en leur faisant acquérir, de façon permanente, des savoirs et savoir-faire « passerelles ». En effet, les neurones sont reliés par les synapses qui fonctionnent de façon connectée. Lorsque nous apprenons quelque chose, les synapses, grâce à leur plasticité, vont croître pour fixer l’apprentissage.

« En parallèle de mes activités d’artiste et de coach, je pratique la boxe. Cette discipline me permet de faire face à moi-même sans être affectée par mes angoisses et mes pensées : en étant pleinement consciente » dit-elle avec un sourire rayonnant. « La culture populaire, véhiculée à travers les smartphones, les tablettes ou encore les chaînes de télévision, favorise tout ce qui, pour le cerveau, est aisé et n’est pas forcément, à mon sens, bon pour l’esprit ». « Je remercie souvent la petite gymnaste qui a façonné mon identité et qui me permet d’affirmer, aujourd’hui, que mon profond moi aime grandir dans ce que j’appelle ma vérité : l’ascèse » conclut-elle.

L’actrice, devenue princesse par son mariage avec le prince Emmanuel Philibert de Savoie, a plus de quarante films à son actif. En 2015, elle rencontre le succès sur les planches en jouant, entre autres, dans « Piaf, l’être intime » (lecture d’une correspondance amoureuse d’Édith Piaf) et plus récemment en prêtant sa voix à l’un des livres phare de la dernière rentrée littéraire : « D’après une histoire vraie », de Delphine de Vigan, au festival Culturissimo 2016, à Bayeux. La princesse Clotilde de Savoie nous décrit Guiseberte Landry en 10 mots.

Un reportage de Grégory ALCANChampion du monde et d’Europe de Gymnastique Aérobic.
Président d’ISENZO association www.isenzo-association.com

Les exigences du sport de haut niveau imposent aux athlètes, et cela dès le début de leurs carrières, d’adopter des démarches introspectives pour pouvoir influencer leur destin. L’exercice mené au quotidien pour atteindre l’excellence aiguise leurs regards aussi bien sur les moindres détails des parcours qu’ils doivent suivre que sur leur environnement. À la recherche permanente de leurs propres vérités, les athlètes de performance créent et développent un art de vivre.
Dans nos sociétés où l’art se situe principalement en rapport avec l’objet et très rarement avec la vie, le parcours du sportif de performance ne peut-il pas être apprécié comme une œuvre d’art ?
Cette dernière question se pose aussi bien pour les athlètes des équipes nationales qu’aux jeunes talents qui, pour de multiples raisons, quittent le sport de haut niveau prématurément. (Grégory Alcan)

Crédit photos : Pablo Lecroisey

Remerciements à Rossy de Palma et Clotilde Courau

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