Poignant!
À La Reine Blanche Scène des arts et des sciences, jeune théâtre à la programmation très originale et toujours fort inspirée, on peut découvrir le travail de la Compagnie Teknai. Emmenée par Quentin Defalt, elle nous propose sa dernière création qui a remporté un franc succès au Festival d’Avignon : Les Vibrants.
Un texte puissant à la mise en scène luminescente.
En 1914, Eugène, beau jeune homme promis à un futur ensoleillé grâce à l’amour d’une jolie comédienne, s’engage sur le front. Deux ans plus tard, à Verdun, il laissera la moitié de son visage déchiré par des éclats d’obus. Au Val-de-Grâce, où il est soigné, débute alors sa descente aux enfers, et son plongeon dans l’atroce réalité que sont les « Gueules Cassées ».
Croyant sa rédemption impossible, il finira peut-être par l’obtenir par la grâce de l’illustre Sarah Bernhardt et d’un certain Savinien de Cyrano de Bergerac…
Brillamment écrit par l’auteur et comédienne Aïda Asgharzadeh, Les Vibrants est un
texte dense, à la hauteur de son sujet. Audacieusement construit, il aborde avec une belle gravité la sainte trinité dans le théâtre : le rapport à la mort, à la vie, à l’art.
La dramaturge fait un habile parallèle entre les destins d’une Gueule Cassée et celui du célèbre Gascon ;entre deux personnages pour qui le visage est une souffrance, l’un par son trop-plein, l’autre par son absence. La construction dramatique est émérite et la langue délicatement ciselée.
Ajoutons à cela la mise en scène inspirée de Quentin Defalt, aussi aérienne que les rideaux de tulle drapant la scène et qui servent à faire exister les multiples tableaux, lieux et époques de la pièce, en découpant adroitement et tout en cinématographie, l’espace scénique.
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