Par Edith de P.
Judicaël, le personnage principal, a quitté la Bretagne pour fuir une histoire qu’il voudrait oublier. Tristan est un jeune peintre belge qu’il aperçoit au détour d’une promenade.Judicaël est alors obsédé par Tristan. Il essaie d’en savoir un peu plus sur lui.
Progressivement, nous faisons la connaissance d’autres personnages, comme Hilda, une Allemande arrivée à Paris dans le cadre du programme Erasmus. Elle aussi a fui l’Allemagne pour retrouver Ajar, un jeune Turc dont elle est amoureuse.
Quant à Martha, c’est une collègue et amie de Judicaël. Elle fait face à des désordres amoureux.Elle n’est pas Parisienne. Pas plus que Joakym, l’ami de Judicaël, qui vit à Paris, mais brûle la chandelle par les deux bouts.
Tous ces personnages cachent une face. C’est là que se constitue la trame du roman . En cherchant à connaître les autres, on cherche à se connaître soi-même.
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Pourquoi une satire ?
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C’est un thème qui me plaît bien et on peut se permettre de dire beaucoup de choses entre les lignes en étant satirique. Certains passages sont excessivement emphatiques, mais en exagérant, on parvient à transmettre des messages. Ce sont des personnages fictifs, mais ils représentent bien notre société actuelle.
Au départ, le roman était beaucoup plus volumineux, mais l’éditeur a enlevé beaucoup de pages. Je devenais un peu trop moraliste. C’est toujours bien de voir ce que l’éditeur va enlever. Mais je ne suis pas une exception. Tous les éditeurs procèdent à des coupes dans les tapuscrits. Peut-être que le côté moraliste était en défaveur de la satire. Les œuvres satiriques ont traversé le temps sans prendre une ride. Aujourd’hui, on lit Rabelais toujours avec le même plaisir. Chaque époque a sa satire, donc…
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L’histoire se déroule à Paris, et n’a donc rien à voir avec les Antilles. Pourquoi ce revirement ?
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Il n’y a pas de revirements. Je voyage beaucoup et je m’inspire de mes voyages et des personnes que je rencontre. Il est vrai que, jusqu’à présent, j’ai écrit sur les Antilles et je vais sûrement continuer à le faire, mais je n’ai jamais dit que je devais rester enfermé dans un thème antillais. Un romancier doit être capable d’aborder n’importe quel sujet dès lors qu’il maitrise son sujet. Cela me plairait bien d’écrire sur l’Asie par exemple, car j’adore cette partie du monde. Je garde à l’esprit le Tout Monde de Glissant quand j’écris. Il faut s’ouvrir sur le monde. Un lecteur qui me découvre pour la première fois peut être surpris par les thèmes abordés et de même que ceux qui me connaissent déjà. C’est très intéressant de travailler de cette façon.
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Vous avez mis un chat dans ce roman. Pourquoi cet animal ?
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Tous les gens qui me connaissent savent que j’adore les chats. Le chat est un animal curieux et aime observer. Ce roman est satirique et d’observation. Le chat Matou y joue parfaitement son rôle. Il est personnifié. Mais j’ai l’habitude de personnifier les animaux. Ce n’est pas la première fois que j’utilise ce procédé. Dans Le secret d’Igor, un conte pour adulte, il n’y a que des animaux.
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Vous dites que vous vous inspirez beaucoup de vos voyages. Vos personnages sont donc inspirés de vos voyages ?
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Non pas du tout. Je n’ai pris que certains aspects des personnes rencontrées. C’est avant tout une fiction et donc les personnages sont le fruit de mon imagination. Il y a toujours une part de vérité dans un roman. Mais, j’aime partir du concret pour ensuite broder et travailler mes personnages, les rendre réels pour les lecteurs. J’espère qu’ils prendront plaisir à lire Il attendait les pigeons.
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Avez-vous d’autres projets littéraires ?
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Oui. J’écris tous les jours. En ce moment je suis sur un journal intime, mais je ne sais pas si je vais le publier. Par contre, j’ai des nouvelles chez un autre éditeur. Des nouvelles qui devraient paraître cette année si tout va bien. D’ailleurs, cet ouvrage n’a absolument rien à voir avec la nouvelle La Confiseuse. Et puis j’ai déjà un autre projet de roman pour 2027.
J’adore les nouvelles et les contes, mais je suis dans ma période « roman » et j’éprouve un certain plaisir à écrire ces romans. Écrire n’est pas facile. Je passe beaucoup de nuits sans sommeil. Les personnages que je mets en scène m’obsèdent et je ne suis content que quand j’ai mis le point final. C’est sans doute le cas pour tous les écrivains. On ne devient pas écrivain pour le fun, mais parce qu’on a des choses à raconter. Écrire, peut être source de problèmes pour des écrivains. Cela dépend du pays où l’on se trouve.
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Pourquoi les Éditions Nèg Mawon ?
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Pourquoi pas ? La dénomination me plaît. J’ai lu un super article un jour où l’éditeur Dydier Mannette explique sa démarche. C’est un travail de résistance par l’écriture. C’est se sentir libre comme les Nègres Marrons qui s’évadaient pendant l’esclavage et rentraient en résistance. L’avantage d’un « petit » éditeur indépendant qui fonctionne à sa façon est d’avoir un encadrement très personnel. C’est très important de se sentir entouré. Publier, juste pour que ce soit publié, n’a pas de sens. C’est une maison d’édition à compte d’éditeur qui fait un travail remarquable, notamment auprès de la jeunesse. Car c’est aussi de la littérature le fait de passer le flambeau à la jeune génération. Leur donner le goût de la lecture et aller vers eux : Monsieur Mannette fait cela très bien.
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Extrait
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« La peinture de Tristan reflétait un moi intérieur et Judicaël avait perçu, dès les premiers instants, lors du vernissage, une tristesse qui devait exister bien au-delà de ce que pouvaient laisser entrevoir ses toiles. Cette colère que Tristan peignait ne pouvait venir que d’une histoire qui le rongeait intérieurement et Judicaël devait la découvrir, non par curiosité malsaine, mais par compassion et altruisme. Tristan avait sûrement besoin d’aide «
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Il attendait les pigeons est publié aux Editions Nèg Mawon
Il attendait les pigeons est un roman satirique. L’histoire se passe à Paris, mais les personnages ne sont pas Parisiens. C’est aussi un roman d’observation avec beaucoup de scènes de la vie parisienne.
ISBN : 9-782487-9532-91 Prix 18 euros disponible en librairies et sites en ligne.
Il attendait les pigeons – Dominique Lancastre – Neg Mawon – Grand format – Librairie de Paris Paris

Il attendait les pigeons – broché – Dominique Lancastre – Achat Livre | fnac
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Par Edith de P. ( rédactrice littérature)